Mélanges, p
S. De l'entendement et de la raison, t. II, p. 5 et suivantes.
même de la résistance qui constitue la liberté. « La liberté, ^elon les propres expressions de Thurot, consiste essentieliement dans le pouvoir que nous avons, en certains cas, de suspendre les actions qui dépendent de notre volonté ou de substituer la volonté de ne pas ^^>^^^ jf 7;!;^^f d'agir 1. » Qu'aurait dit Condillac, qu'aurait dit Laromiguière lui-même de cette définition?
La volonté, la sensibilité, l'entendement ou l intelligence, voilà tout l'homme pour Thurot, comme pour les philosoDhes d'une nouvelle école qu'il considérait comme des adversaires. Mais puisque, dans le titre même de son œuvre principale, il établit une différence entre l entendement et la raison, en quoi fait-il consister cette différence? L'entendement, c'est l'ensemble de nos facultés intellectuelles prises en quelque sorte dans leur état natif, considérées dans leurs développements et leurs manifestations spontanés, devenues l'objet d'une science de pure observation, d'une branche de l'histoire naturelle. La raison, c'est le nom qu'on donne à ces mêmes facultés lorsque, soumises aux règles de la méthode , à certaines lois qui dérivent de leur propre nature, elles sont dirigées vers la connaissance de la vérité et la bonne direction de la vie. Par conséquent, il n'y a dans la raison rien de plus que dans l'entendement. La raison n'est pas pour lui, comme pour l'école de M. Cousin, la faculté de connaître l'absolu, la faculté à laquelle nous devons les principes suprêmes de la vérité et de la connaissance.
Cependant, parmi ces principes, il en est quelques-uns i|u'il reconnaît formellement. J'ai déjà dit que de la conscience qui accompagne toutes nos idées, il lui est impossible de séparer l'existence d'un être intelligent. C'est ce que, dans le langage de l'école, on appelle le principe de la substance. A ce premier principe il en joint un autre qui s'y rattache nécessairement : c'est que la substance reste la même sous la diversité infinie des phéno-