Voyez la Morale anglaise^ p. H
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m ESSAIS DE CRITIQUE PHILOSOPHIQUE
la justice presque dans les mômes termes que Platon, représentant les châtiments infligés en son nom comme un bienitil, ion seulement pour la société qu'elle protège, mais pour le coupable qu'elle a frappé. Il n'en soutient pas moins que son but unique, c'est d'être utile, c'est d'assurer le bonheur général.
Mais la justice, c'est-à-dire la loi, ne suffit pas pour atteindra €• ilt suprême; il faut y joindre l'organisation politique it 1* puissance de l'éducation. La société sera constituée de telle sorte que les intérêts de chacun seront en harmonie complète avec les intérêts de tous, que le bonheur individuel se confondra avec le bonheur général; et par un système d'éducation fondé à la fois sur 1 économie politique et la morale utilitaire, Oft imiifa les intelligences à ne plus concevoir, les volontés à ne plus poursuivre d'autre fm que cette félicité de chacun contenue dans celle de tous. Grâce à l'emploi simultané de ces deux moyens, la condition de l'homme sera singulièrement améliorée. On verra la pauvreté disparaître, la maladie diminuer, lis vicissitudes de la fortune se réduire presfiii i riea. Les principales causes de nos souffrances seront peu à peu conjurées.
Ce n'est pas tout. La moralité s'accroîtra dans les mêmes proportions que le bien-être. Le dévouement de l'homme pour le bonheur universel de ses semblables tiendra lieu de religioi. « le crois» iii Stuart Mill, qu'il ffl possible Id donner au service du genre humain, — même sans le secours d'une croyance en une providence, — et le pouvoir psychologique et l'application sociale d'une religion, et cela en le laissant s'emparer de la vie humaine et colorer toute pensée, tout sentiment et toute action de teilf manière que je plus grand ascendant exercé jamais par aucune religion n'en soit que le type et l'avant-goùt '. »
C'est précisément cet idéal qu'Auguste Comte a voulu réaliser en fondant une nouvelle religion où l'humanité tient la place de Dieu. On sait comment il a réussi.