‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 8 sur 97 · Année 1880, cahiers d'avril et de mai · texte numérisé non relu

Année 1880, cahiers d'avril et de mai

AVANT-PROPOS Xm

opinions arrêtées que je mettais d'autant plus d'empressement à produire au jour que j'ignorais si, à l'âge où je suis arrivé, je trouverais une autre occasion de les faire sortir de mes manuscrits. Parmi ces opinions, il y en a une qui mérite, je crois, une certaine attention : c'est que les idées de Joseph de Maistre, qui nous paraissent les plus extraordinaires, telles que le caractère surnaturel de la Révolution française ; la formation également surnaturelle et, par conséquent, l'origine divine des constitutions politiques des différents peuples ; la nature divine et surnaturelle de la guerre ; la vertu divinement purificatrice du sang répandu par la guerre et par les supplices, fût-ce le sang innocent; que toutes ces idées, dis-je, et quelques autres qui seront indiquées à leur place, ont été empruntées à Saint-Martin, le philosophe inconnu, et employées au profit de la théocratie pontificale, tandis que Saint- Martin ne les fait valoir que dans l'intérêt d'une théocratie indéfinie et purement mystique. Cette généalogie, comme on devait s'y attendre, a été vivement contestée. Un admirateur passionné de Joseph de Maistre et un défenseur convaincu de tous ses principes, de ses principes politiques aussi bien que de ses principes philosophiques et religieux, M. Amédée de Margerie, dans un livre très bien fait, très intéressant et qui contient un bon nombre de documents nouveaux*, me reproche d'avoir eu le triste courage d'in-

1. le comte Joseph de Maistre, sa vie, ses écrits, ses doctrines, avec des documents inédits, par Amédée de Margerie, doyen de la Faculté catholique des lettres de Lille, ancien professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Nancy. 1 volume in-S», Paris, 1882.

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