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mê ESSAIS DE CRITIQUE PHILOSOPHIQUE
et la chaleur du soleil jusqu'au jour où, ramené à la surface de la terre, il se transforniera, il nous donnera sa chaleur et sa lumière, M communiquera le mouvement et comme la vie à tous nos mécanismes *. »
Il BO s'agît pas seulement, comme on voit, des transformations successives !• It matière animale, mais d'une alchimie universelle d'où doit sortir, d'où sort constamment la transmutation de tous les êtres, et le résultat de cette transmutation, c'est la nature entière pénétrée et comme soulevée par l'idée de la moralité. « Qui sait, dit Fauteur, si pour que l'àommi puisse faire un pas vers son idée morale, il ne faut pas que le monde entier marche et se meuve avec lui 2. »
C'est la théorie de l'évolution aussi complète qu'on peut Fimaginer, embrassant les idées aussi bien que les organismes, la totalité des iirces de la matière aussi bien que les êtres vivants. Maïs nous demandons en quoi cette théorie diffère de celle de M. Herbert Spencer, si vivement, si habilement réfutée par M. Guyau, sinon dans ses prémisses métaphysiques, du moins dans ses conséquences psychologiques et morales. Dans Tune et dans l'autre, l'humanité ne se sépare de l'animalité que par des différences de degré, non de nature, ou par une inégalité de développement, que le mouvement général de l'univers efface tous les jours : et le même rapprochement se trouve établi entre le règne animal et les règnes inférieurs, entre la vie et Factivité des forces purement physiques et chimiques. Dans Fiine et dans Faulre, la liberté de fait, la liberté vivante, celle qui fait la responsabilité de la personne humaine et lui assigne son rang dans l'ordre social, comme dans Fordre naturel, est absolument supprimée, et il ne reste i sa place qu'un nom vide de sens, une idée insaisissable a Fesprit, une abstraction qui échappe à toute délimitation précise. Enfin, dans l'une et dans l'autre, nous