Préface, page x* a. Page 35i
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bonheur, là perfection, conçue comme la totalité du bien, runité réelle ou substantielle de notre personne, de notre moi, M. Fouillée le rejette, le supprime, le nie ou, quand il se pique d'être généreux, le relègue dans la catégorie des généreuses hypothèses K Ce qu'il nous donne pour un emprunt fait à ces écoles et à celles qui leur ressemblent dans rantiquité, ce qui représente la part qu'il fait à Tidéalisme, se réduit à je ne sais quel résidu indéfinissable et indéfini, à une ombre fuyante et sans forme dont on fait ce qu'on veut, excepté quelque chose qui tire à conséquence. Ce serait peine perdue et chose tout à fait impossible ici de suivre M. Fouillée dans la forêt d'objections qu'il élève contre la liberté. Un livre ne serait pas assez pour réfuter pied à pied tous ceux où il revient sur cette matière. Je me contenterai de remarquer que la liberté à laquelle il s'attaqm n'est pas celle que nous connaissons, celle dont nous usons à tous les instants de notre vie, et dont notre conscience, notre expérience personnelle confirmée par celle du genre humain, est l'unique preuve, mais une liberté imaginaire, impossible, surhumaine, surnaturelle, qui ne pourrait pas même figurer parmi les attributs de Dieu dans la raison de ceux qui démontrent son existence. Qu'on en juge par les objections suivantes : « S'il y a en moi une nature toute faite que j'ai reçue, une existence dont je ne me sais pas la cause, il y a par cela même en moi un fond déterminé, nécessité, impénétrable à ma conscience, parce qu'il n'est pas le résultat de mon action consciente. Dès lors, Je pourrai toujours me demander si l'action qui paraît venir de ma conscience ne vient pas de ce fond inconscient, si je ne suis pas en réalité, comme dit Plotin, m esclave de mon essence », c'est-à-dire de la nature propre et de l'existence que j'ai reçues de mon créateur. Par conséquent, pour être certain d'être libre, il faudrait que je fusse entièrement l'auteur de moi-même, de mon être comme ie mes manières d'être, et que j'en eusse l'entière con-