‹ Essais de critique religieuseChapitre 10 sur 41 · IM · texte numérisé non relu

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venir lu qoestton refigîeime pmpremwrt dfte dmm le débat . Cependèirt nom ne pontons pM twnrm^r ee tnviril san^ en dire qnelqne d\ose. Au point de vife tnidi' tionnel qui regarde les liTres du Nouveau Testament comme règle absolue de la foi chréfienne, c'est (foetque cbose de grave qoe Tasserfion d*une erreur de fiiit aussi palpable dans xm Ifrre canonique, et la gravité du problème ainsr posé est encore augmentée par Torigine apostolique du fivre qui la contient. Or cette cnrigitte, qui a été longtemps contestée» semble aujourd'hui aussi bien prouvée qu*dle peut Têtre. Tout porte- à croire que c'est bien f'apAtre Jean qur est Fauteur de KApocalypse.

Pour nous la d^fflculié n'exisfls plu$. Nous pensons que les enseignements divers, par forigineet le point de vue, que renferme le Nouveau Testament, sout beaucoup plus nécessaires i FEglîse et i Ita foi comme monuments de Tesprît cbrétien primitif que comme dictateurs infaillibles des croyances. D'ailleurs nous prenons au sérieux la parole du Christ lui-même qui interdit parmi les chrétiens toute autre autorité que la sienne, et l'autorité du Christ est celle de la conscience religieuse élevée à son degré suprême de pureté. Ce sont des sentiments^, des dispositions, des aspirations qu'elle communique, et non pas des formules dogmatiques. Si dans la parole du Maître lui-même, et conformément k son invitation expresse, nous nous altachons & distinguer Fesprit de ta lettre, k plus forte raison nous en sentons-nous le droit avec ses disciples. Or, cette liberté accordée, nous prétendons que rApocatypse, fout en se trompant beaucoup, a dit une grande vérité, une de ces vérités

qiri nonrrtfseirt l'âme et doirt elle Be Murait se laseer. Elle a dit qtie le triomphe déûnitif du bien;, du Christ, de Kea était infaillible. Elle a dit qu'il était tellement oertaki qiie ni b» diable^ ni la terre entière coalisés contre rOint do Seigneur ne saurimai Tempécher. Elle a affirmé dans des images d'eue énergie saisissante que la victoire momentanée du mal n'était qu'une fausse apparence, et même hétait la réactieii to«te-pnissa(Bte de Celui qui dir^ le monde vers sa perfection et ne se laisse pas détourner de son but étemel par les agitations- et les révoltes des hommes» Elle a chanté, la prreauèrer dans l'Église, le «cantique noureao» queeeux-Ii seuls peuvent apprendre, qui sont purs de cœuv et fidèles jusqu^è la mort (irv, 3-5). Et c'est pourquoi elle a servi de com* solation aux justes persécutés de tous les temps. C'est pourquoi, tors même que Ton ne compueiiail plus le livre par F intelligence, on le comprenait encore par le cœur. L'Église a emprunté au poëme apocalyptique ses plus belles images religieuses et quelques-uns de ses plus beaux chants. Le Te Dtum laudamuSj Te Bies ircBy plusieurs cantiques de l'Eglise réformée, celui de Luther^ etc. , sont de véritables échos de l'Apocalypse. Tâchons de sentir ce genre très-particulier de poésie religieuse. Nous savons dans quelles circonstances ce livre fut écrit, combien de douleurs passées, combien de sombres prévisions remplissaient l'àme du prophète. Tout. d*un coup il est ravi en esprit. Il voit, sinon Dieu lui-même qui est invisible à tout œil humain, du moins quêlqu*un assis sur un trône duquel partent les éclairs, qu'entoure Tarc-en-ciel, aux quatre coins duquel sont les quatre chérubins , symbole des grandes fidrces de la na-

ture \ avec leurs yeux sans nombre et leur bouche toujours ouverte-pour dire : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu Tout'Puissànlj qui était, qui est et qui sera. Rangés autour du trône, sont vingt- quatre anciens, les représentants de l'Église adorante , qui jettenl des couronnes devant le trône et proclament la gloire et la puissance de Celui par qui sont toutes choses.

Cependant une main mystérieuse sort de F océan de feu qui entoure le trône de l'Être éternel. Elle fient un livre écrit d'un bout à l'autre (dehors et dedans)^ auquel nul ne saurait rien ajouter et que sept sceaux ferment aux yeux avides qui voudraient lire les caractères divins. Ce livre, c'est celui de la destinée, celui de l'avenir. Un ange» interprète du sentiment universel, demande k haute voix qui est digne d'ouvrir ce livre et d'en connaître le contenu. Personne ne répond dans l'univers. Le prophète se désespère et en pleure de douleur, quand un des anciens lui dit :

Ne pleure pas. Le Lion de la Tribu de Jada, le rejeton de David est vainqueur» et il ouvrira le livre.

Le prophète regarde où peut être ce glorieux personnage qu'il n'avait pas encore vu» ce lion de Juda» plus fort que tout être au monde. Et que voit-il au milieu des' chérubins et des anciens?

1 Jamais mot n*a sabi de transformation plas complète que celai<^ dans ridée qa'il réveille. Un chérobin signifie anjonrd*hai un petit ange blond, rose et bonni. Primitivement ce sont de terribles êtres mythiques, anx griffes de lion, aux ailes d'aigle, aai yeux de flamme. Notre mot cAeru6tn, qui vient de T hébreu OuefOtt&, a pour analogues en grec Ypu^, en latin gripw, ^ryphus, en Tieii allemand krifo^ et les griffons fabalenx des vieux romans n*oot pas d*autre origine.

Un agoean qui était là comme immolé.

Cet agneau, c'est le Christ, et jamais contraste plus saisissant a-t-il exprimé ce mélange de douceur et de mftle énergie qui caractérise à un si haut degré Jésus de Nazareth? C'est lui désormais qui tient dans sa main la destinée du monde. Car il se lève et s'en vient prendre le livre que tendait toujours la main qui sortait du feu servant de pavillon à l'Ineffable.

Il prit le livre, et alors les quatre chérubins et les vingt-quatre

anciens se prosternèrent devant l'Agneau. Chacun d'eux avait une harpe et une fiole d'or pleine de parfums.

Ce sont les prières des saints '.

Et ils chantaient un cantique nouveau.

Us disaient : Digne tu es de prendre le livre et d'en ouvrir les

sceaux.

Car tu as été immolé et tu les as rachetés à Dieu par ton sang De toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toute nation. Et tu les as faits rois et sacrificateurs, et ils régneront sur la terre.

Voilà, en quelque sorte, l'ouverture du concert grandiose qui va suivre en Thonneur de Jésus-Christ. Ce thème favori de l'Église proclamant la gloire de son roi crucifié va se répercuter au loin :

Puis j'entendis la voix d'une foule d'anges qui se tenaient autour du trône, des chérubins et des anciens, et leur nombre était de beaucoup de millions.

Et ils disaient :

Digne est l'Agneau immolé de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction.

C'tftt-à-diM dM ùMm

Voici mainlenaiit le monde entier qui répend aux anges :

Et iout être créé dans le ciel, sur la terre, sur la mer, et iont ce gui y est contenu, je les entendis qui disaient tous :

A celui qui est assis sur le trône et à TAgneau soit bénédiction, honneur, ^oire et force anx siècles des siècles.

Et ce (foi est sobliitte, c*est VAm$n najestoeu qve profèrent les chérubins, lorsque les dernières ▼ibmlions du concert universel ont retenti dans rimmensité :

Et les quatre cbérdûni idirenft : Amen, taiéii que les andens se prosternaient et adonôeat.

Avouons-le. Il n'est pas possible de réveiller d'une manière plus vigoureuse le sentiment de TinOni. Il n'est pas possible de rien imaginer de plus beau que cette pyramide vivante et harmonieuse» dont les prières des archanges forment le sommet et qui va en s'élargissent sans fin jusqu'à ce que les hommes, les choses même delà terre et de la mer se trouvent compris dans la base. Il n'est pafs possible d'inrenter qnelqoe chose de plus poissant que cette syvspboiiie qui remplit k temps et l'espace des louanges du Christ À la ^ire du Père ée qui vient toute chose.

L'Apocalypse comprise spirituellement est -une vraie prophétie/et elle a trouvé la loi de Tavenir. Au plus fort de la lutte, au plus sanglant de la mêlée, les hommes de Jésus-Christ ont toujours combattu avec Tespoir^ avec la certitude de la victoire finale, ieao a dit vrai : la bête satanique meurt, renaît et revient pour mouYir encore. Elle se transforme li chaque période éê l'itietowe. Elle

s'appelle aujourd'hui Tempire persécuteur, deniain la papauté corrompue et sanguinaire , après-demain peutêtre le matérialisme athée. Mais chaque fois TA^neau, qui est le Lion de Juda, envoie ses témoins prophétiser en son nom, et fussent-ils traqués et martyrisés, jetésaux lions dans les arènes ou- dans les flammes à Constance, « ils se relèvent sur leurs pieds et une grande crainte » saisit ceux qui les voient. »

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