‹ Essais de critique religieuseChapitre 23 sur 41 · Voyez! le divan de Salomon · texte numérisé non relu

Voyez! le divan de Salomon

Soixante hommes forts l'environnent, Des hommes forts d'Israël ^

1 Lecorlége était donc précédé par des ihurifères,' hn milieu desquels s'avançait la Sulamite, sans donte voilée (ce qui expliqae la méprise des spectntears, y. 10), et semblant se confondre avec les vapeurs qui montaient en colonnes autour d'elle. Les fiançailles ne sont pas encore accomplies, ce n*est qu'une cérémonie qui les prépare et sur laquelle Salomon compte pour éblouir la jeune fille et la rendre docile à ses désirs. Il est intéressant de rapprocher cette description de celle que nous donne Quinte-Curce (vm, 9) de la manière dont les rois indiens s'avançaient en public : « Des serviteurs » s'avancent portant des encensoirs et remplissant de parfums le chemin » par lequel le roi doit passer. Lui-même repose sor une litière d'or entou- » rée de guirlandes de perles. Les habits dont il est revêtu sont d'or et de % pourpre. Des soldats armés et des gardes dn corps suivent la litière. » Le premier livre des Rois x, 22 témoigne des.rapports soutenus par Salomon avec les Indes en vue d'augmenter le luxe de sa cour.

3 II y a là, semble-t-il, une certaine contradiction avec ce que nous apprennent S Samuel xv, 18 ; xx, 7; 1 Rois i^ 38, 4i. D'après ces passages les gardesdn corps des rois David et Salomon étaient des étrangers, Krétiens et Péléliens, L'opinion la plus répandue aujourd'hui veut que ces noms désignent l'origine Cretoise et philistine de ces soldais mercenaires. Comme 1 îs autres monarques de l'Orient, et niênie comme plus d'un roi moderne, les rois d'Uraël préféraient des étrangers à leurs propres sujets pour en faire lenr garde personnelle. Du re.<ite il n'est pas plus difficile de se représenter le roi d'Israël gardé par des Philistins, que le pape et le roi de Naples eotoarés de Suisses, républicains et sonveni protesianU. D'«Uleuis nous

8. ToQS portant Tépée, exercés à la guerre, Cbacan tenant l'épée sur sa cuisse,

A canse des terreurs de la nuit.

9. Le roi Salomon s'est fait ud lit Avec des arbres du Liban.

10« Les colonnes sont d'argent, Les soutiens sont d'or, Le siège est d'écarlate.

Et au milieu doit briller une amante Cboisie parmi les filles de Jérusalem.

1 1 . Sortez et yoyez, filles de Sion, Le roi Salomon avec la couronne, Dont sa mère Fa couronné au jour de ses fiançailles, Au jour de la joie de son cœur.

Salomon a sans doute pensé que Téloignement du pays natal et les pompes déployées autour d'elle ébranleront la résolution de la jeune ûlle. Il recommence à louer, en termes très-flatteurs, les attraits de la Sulamite. Nous rappelons ce que nous avons dit plus haut sur ce langage de la galanterie orientale. Outre le cou comparé à la tour de David, la comparaison des dents avec des brebis fratcbemei^t tondues et marchant deux h deux, peuvent cor-

savons que David comptait des partisans dévonës dans le district philistin de Galh (2 Samaelxv, 18 et suiv.), et lui-même, David, avait été préposé à la garde du corps du roi philistiQ Akis (l Samuel xxvni, 2; corop. XXVII, 12). Peut-être la contradielion apparente se résout-elle simplement parle fiitque l'antiquité orientale ne connaissait pas le sentiment de répugnance avec lequel un peuple moderne voit des soldats étrangers protéger son propre gouvernement et qu'une fois incorporés dans Tannée royale, les mercenaires devenaient des hommes forts d*Israël comme les autres. Ce serait de la même manière que l'auteur éphraïmite du Cantique voit des filles de Jérusalem dans les femmes du hnrem, où nous savons cependant que rélément étranger dominait ( 1 Rois xi, 1 ).

roborer nos remarques. Nous demandons la permission de passer par- dessus cette énnmération de charmes féminins. Elle n'ajoute rien au déroulement du petit drame, et ce sont les développements de ce genre qui contiennent les passages décidément épineux pour le traducteur moderne (iv, 1-7). Remarquons seulement que le Y^rset 7 a pris rang, depuis quelques années» parmi les passages de la Bible, que Ton cite en faveur de l'immaculée conception.

(.a Sulamite ne veut pas comprendre le sens inquiétant des paroles du verset 6. Elle s'empare du mot Lebona, encens, qui le termine et qui, par sa consonnance, lui rappelle les montagnes qu'elle a parcourues plus d'une fois avec son berger. Elle rattache donc à ce mot un nouveau chant solo, parallèle au premier chant de la scène précédente et qui, comme celui-cf, doit dépeindre tout l'amour qu'elle inspire à son fiancé. Aux compliments recherchés du roi, elle oppose les sentiments plus vigoureux, plus vrais et, au fond, plus flatteurs du jeune montagnard. Le langage est passionné, mais il est bien plus chaste que celui du roi. Le nom que Tamant donne à sa bien-aimée, c'est celui de scmr fiancée. Son langage est délicieux à son oreille, comme du lait et du miel à son palais. Il la compare à un frais jardin, fermé à tous, mais rempli de fleurs embaumées, dont les parfums doivent s'exhaler pour lui seul. Aussi la jeune fille les lui promet-elle, et le chant se termine par une sorte d*évoht (v. 1), de cri de joie, que sans doute le chœur, ravi de ce chant d*araour, lançait en signe de sympathie.

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