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LES FEMMES ET LE CATHOLICISME

Un fait bien remarquable et digne de l'attention des philosophes, c'est que les diverses religions, et surtout le christianisme, trouvent parmi les femmes leurs plus nombreux et plus zélés adhérents ; c'est chez elles que se montrent la foi la plus robuste, le mysticisme le plus exalté^ l'attachement le plus constant aux pratiques dévotes. Qu'on entre dans une église quelconque pendant les offices^ on est sûr d'y trouver vingt fois plus de femmes que d'hommes ; parmi les personnes qui se présentent au confessionnal et à la sainte table, la proportion de l'élément féminin est encore plus forte, et à peine les hommes fournissent-ils le centième du total. Les visionnaires, les extatiques dont les rêveries sont rapportées dans la vie des saints, comme des communications célestes, appartiennent presque toutes au sexe le plus faible : citons comme exemple sainte Brigitte, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse, sainte Marie Alacoque qui la première eut la faveur insigne de voir Jésus la poitrine ouverte et montrant son cœur saignant. Une foule de saintes ont épousé la divinité sous les traits de Jésus-Christ ; nul homme n'a éprouvé rien de semblable ; aucun n'a épousé la Vierge ni la Sainte-Trinité.

Dans la classe aisée où les enfants reçoivent une éducation libérale, bien que l'instruction religieuse soit la même pour les deux sexes^ les résultats sont bien différents : les jeunes gens, à peine sortis du collège, cessent les pratiques religieuses, ils cultivent leur intelligence, usent de leur raison pour examiner la doctrine qu'on a cherché à leur inculquer; la plupart deviennent librespenseurs, sceptiques ou indifférents. Chez les femmes, au contraire, cette émancipation est très rare ; l'enseignement rehgieux produit sur elles une impression profonde, ordinairement ineffaçable; même

au milieu de la dissipation et des plaisirs, les croyances subsistent ; la pratique est parfois négligée, mais elle revient, ainsi que l'influence des prêtres.

De là, dans un grand nombre de familles, un regrettable défaut d'harmonie. Ce qui, pour le mari, n'est qu'un sujet de mépris et d'aversion, inspire à la femme une profonde vénération, une mystérieuse terreur; le prêtre qui pour l'un, n'est que le propagateur d'erreurs pernicieuses, est pour l'autre le représentant de Dieu, revêtu d'un caractère sacré et en quelque sorte surhumain. Il s'ensuit des tiraillements qui compromettent la paix du ménage et amènent entre les époux le refroidissement, la mésintelligence, et parfois même une haine violente. Comment la femme pourrait -elle conserver son estime, son amour, sa confiance à un homme qui vit éloigné de Dieu, qui a renié la foi, qui est compris dans quelquesunes des catégories d'excommuniés, à un réprouvé qui, par ses opinions et sa conduite, encourt chaque jour la damnation éternelle? La femme dévote réserve toute son affection pour son confesseur, l'interprète de Dieu, le messager des joies du paradis, pour celui qui répand les grâces, qui efface les souillures de l'àme, qui ouvre la porte du ciel ; elle s'abreuve de sa parole, elle goûte dans ses entretiens une volupté séraphique, elle se délecte de sa vue, elle ne le quitte qu'avec regret et aspire sans cesse au bonheur de le retrouver ; c'est à lui qu'appartiennent toutes ses pensées les plus secrètes, tous les mouvements du cœur. Que peut-il rester au pauvre mari^ à lui qui ne comprend rien aux choses de la religion, qui se rit des sacrements, qui blasphème contre la sainte Église ? Ces deux époux ne parlent pas la même langue, ne vivent pas dans le même monde ; ils sont étrangers l'un à l'autre. La vie commune ne peut donc être qu'une source d'amertumes et de tribulations. Les enfants subissent doux influences contraires, entendent blâmer d'un côté ce qui de l'autre est prôné et respecté. Leur conscience est troublée; ils ne savent sur quelle base faire reposer la morale, et pour eux la notion du devoir s'obscurcit. Ces fluctuations nuisent à la rectitude de leur jugement; le défaut de principes affaiblit le caractère.

Trop souvent, le mari, cédant aux obsessions de sa femme, la laisse diriger l'éducation des enfants, permet de les confier à des pensionnats ecclésiastiques et de les élever dans des idées qu'il abhorre ; par faiblesse, il contribue à perpétuer l'empire des doctrines qu'il considère comme fausses et désastreuses. Incrédule, il soutient indirectement et malgré lui, les Jésuites et les Dames du Sacré- Tcfur. Onircà la rcmmc, la supcrslitiou, bien que d('laisséc par la

partie la plus éclairée des populations, se maintient en dépit de tous les efforts de la philosophie.

L'Église ne se méprend pas sur cette situation : elle sait que c'est par les femmes que subsiste sa principale force, et elle ne néglige rien pour les fasciner et les asservir.

Au congrès de Malines,en 1867, Tévêque d'Orléans, en combattant de toutes ses forces les Solidaires, faisait ressortir tout ce qu'il y a d'odieux dans une association qui, suivant lui, a pour but d'empêcher un incrédule « de revenir à la foi de sa mère, de sa femme et de sa fille ». On ne parle pas, remarquez-le bien, de la foi de son père ou de son fîls. L'aveu est précieux. Le fougueux prélat ne suppose pas que cet impie, qu'il s'agit de i*amener à la religion, puisse trouver, dans sa famille, des hommes qui lui servent de modèle. Pour le faire rentrer au bercail sacré, ce seront toujours les femmes auxquelles il se rattachera. On reconnaît donc que le christianisme est surtout la religion des femmes ; les hommes n'y entrent que par exception.

Pour que, dans l'adoption d'une religion, l'influence du sexe soit à ce point prédominante, il faut qu'il y ait une cause organique. La constitution physique d'un être a une influence décisive sur son moral. Chez la femme il y a généralement moins d'intelligence que chez l'homme, moins d'aptitude aux sciences ; la faculté d'abstraire, de raisonner est moins développée; il y a plus de penchant au mysticisme. La femme a dans le caractère moins d'énei'gie, plus de souplesse; elle éprouve le besoin d'être dominée et d'aimer celui qui la domine. Elle est plus disposée à croire ; elle se laisse plus facilement émouvoir ; et, dès qu'elle est émue, elle n'a plus besoin d'arguments. Elle s'éprend d'admiration, d'enthousiasme pour des êtres chimériques, tantôt pour Adonis, tantôt pour Marie ; elle leur prodigue des élans d'amour, elle se figure qu'elle vit dans leur intimité. Elle fond en larmes à la vue des plaies du doux Jésus ; et si vous entreprenez de discuter avec elle sur la réalité de son idole, elle se bouche les oreilles et s'éloigne de vous avec indignation. Son imagination a besoin de pâture; elle ne peut se contenter de la réalité positive ; elle s'élance dans les espaces ultra-mondains ; elle veut entendre les concerts des anges, et elle prend en pitié ceux que la froide raison retient sur cette misérable terre.

Une doctrine qui n'a pour adhérents que les femmes et les enfants, c'est-à-dire les esprits les plus faibles, est jugée par cela même et doit être déclarée fausse. Si la plupart de ceux qui sont doués d'une raison vigoureuse, d'un jugement sain, d'un bon sens à l'abri de l'illusion, s'accordent pour condamner cette doctrine.

c'est que toutes ses affirmations s'évanouissent devant une investigation rigoureuse, l'ille peut séduire, ciiarmer, entraîner l'imagination ; elle a cela do commun avec les fictions poétiques ; mais elle est en opposition avec la science ; elle ne peut manquer d'être vaincue par les progrès de l'esprit humain.

La femme, quel que soit son j)enchant naturel pour le merveilleux, ne peut rester éternellement attachée à des systèmes que condamne le bon sens; elle a été maintenue dans une sorte d'enfance, mais elle devra aussi à son tour être initiée à la vérité, désabusée des conceptions chimériques ; les erreurs propagées au nom d'une prétendue autoi-ité divine, devront faii'e place au règne de la raison. C'est surtout par l'instruction, qu'on devra travailler à l'éducation de la femme; qu'on la soustraie dès l'enfance à l'influence théocratique, qui, en imprimant de bonne heure une fausse direction, pervertit le jugement et le rend pour toujours incapable de discerner la vérité de l'erreur ; qu'une instruction solide soit distribuée dans les écoles dont on élèvera de plus en plus le niveau scientifique. On pourra, sans faire intervenir les vieilles religions, fournir un aliment à la sensibilité ; le culte des beaux-arts permettra de donner l'essor aux facultés de l'imagination, sans porter atteinte à la justesse de l'esprit ; on pourra ainsi établir entre les deux sexes, non pas une égalité à laquelle s'oppose la diversité des aptitudes, mais l'unité de croyances et d'aspirations. On fera cesser l'antagonisme qui est aujourd'hui pour la famille un ferment de discorde; la femme, affranchie des pi'éjugés, connaîtra mieux ses devoirs d'épouse, de mère et de citoyenne ; elle vivra d'une même vie avec son mari, partagera ses sentiments ; les cœurs seront vraiment unis. Il n'y aura plus, entre l'un et l'autre, ce sinistre et malfaisant intermédiaire, le prêtre, qui aujourd'hui s'empare sournoisement de la femme pour dominer par elle et la famille et la société.

Beaucoup d'auteurs ont afïirmé qu'au concile de Màcon, on avait débattu la question si les femmes appartiennent à l'espèce humaine, (tu l'emina homo sit. Plusieurs ont même avancé que le concile s'était i)rononcé pour la négative. C'est ce que dit M. Vacherot, dans son livre de la Religion. Le P. Gratry a démenti le fait dans un article de critique du livre de M. Vacherot, inséré dans \i\ Revue des JJetw-Mondes {V mars 1859), et a donné des preuves à l'appui. M. Vacherot dans sa réplique au P. Gratry, insérée à la suite de cet article, a persisté dans son affirmation et a cité le concile de Màcon, tenu en 585, canon VL J'ai vérifié les actes de ce concile {Labhe, t. V, }). 980 et suiv.). Il n'y a pas la moindre trace d'une

discussion sur la nature de la femme. Le canon VI défend aux prêtres de dire la messe sans être à jeun. Nous avons remarqué le canon XVI qui interdit aux veuves de sous-diacres de se remarier, ce qui implique la reconnaissance aux sous-diacres du droit de se marier. La justice nous fait un devoir de disculper l'Église d'une accusation imméritée.

Ce qui a pu y donner lieu, c"est ce que raconte Grégoire de Tours (Lib. VII, cap. 20; éd. Paris, 1699). A ce concile de Màcon, un des évèques disait que la femme n'était pas homme, c'est-à-dire qu'elle n'appartel^ait pas à l'espèce humaine. Mais d'après cet historien, sur les observations qui lui furent faites par ses collègues, il se tint tranquille. On lui fit remarquer : que, d'après l'Ancien Testament, Dieu créa l'homme mâle et femelle ; que Jésus-Christ est appelé Fils de l'homme, bien que né d'une vierge, c'est-à-dire d'une femme; et que, quand il se disposa à changer l'eau en vin, il dit à sa mère : Femme qu'y a-t-il entre toi et moi 1 Après d'autres citations non moins concluantes, l'auteur de la proposition n'insista pas, et l'affaire fut étouffée.

Grâce à ces éclaircisssements, on ne pourra plus se prévaloir du fameux concile de Màcon. Mais il reste assez d'autres griefs contre rÉglise.

Ainsi, Denys-le-Petit, dans son Codex canonum ecclesiasticormn (éd. de Paris, 1628 ; p. 84), cite un canon du concile de Laodicée, de l'an 364, qui interdit aux femmes d'entrer dans le sanctuaire. Le • 'oncile de Carthage, tenu en 394, décide que la femme, si docte et sainte qu'elle puisse être, ne doit jamais enseigner aux hommes ni baptiser ( canon 99, collection Mansi, Florence, 1759, t. III, col. 959).

Les femmes, comme nous l'avons dit, forment l'immense majorité du troupeau chrétien; c'est par elles que se perpétue l'influence du clergé. Le christianisme, s'il faut en croire ses apologistes, aurait mérité la reconnaissance et le dévouement des femmes, en les tirant de l'état d'infériorité où elles avaient été placées par les législations antérieures. Cette prétention n'est, du reste, qu'une partie du système qui consiste à attribuer au christianisme le mérite de tous les progrès accomplis dans riiumanitc, sous prétexte cju'ils se sont

épanouis dans des sociétés chrétiennes. Pour lairo justice de cette assertion, il suffit de jeter un coup d'œii sur renseignement du christianisme, de consulter les Écritures par lui vantée? comme 'imanant d'une révélation divine.

Dès les premières pages du Peniateuque, on voit que Dieu forma la femme d'une coto de l'homme (Gen. II); elle n'est donc qu'un démembrement, qu'un appendice de l'homme : cette origine indique sa subalternité. La femme est la première qui se laisse séduire par le tentateur, et c'est elle qui entraîne l'iioinme au péché : elle est représentée comme la cause de la déchéance du genre liumain. Après la chute, Dieu la condamne à être sous la puissance du mari qui a droit de la dominer (III, 16) : c'est donc un décret divin quveut qu'elle soit à perpétuité l'inférieure, la servante de l'homme ; c'est là sa condition définitive, et l'on ne peut y porter atteinte sans se révolter contre l'autorité de Dieu. Dans l'Ancien Testament, on voit, par une foule de passages, combien les auteurs sacrés font peu de cas de la femme. Le père peut vendre sa fille {Ex. XXI, 7). La naissance d'un garçon souille sa mère sept jours, celle d'une fille quatorze {Levit. XII) ; la purification d'une femme est de trentetrois jours pour l'accouchement d'un garçon, et de soixante-six pour celui d'une lille {ihid.) : le sexe féminin produit donc une souillure double. Si une personne a été vouée par anathème et qu'on veuille la racheter, il y a à payer un nombre de sicles, qui varie suivant l'âge, savoir :

pour un mâle ... 5, 20, 50, 15 ; pour une femelle . 3, 10, 30, 10.

La femme est tarifée bien au-dessous de l'homme ; elle n'a (pi'une valeur moindre.

La polygamie entraîne comme conséquence l'abaissement de la femme réduite à être, non plus la compagne de l'homme^ partageant son rang et sa destinée, mais un instrument de plaisir, une chose, une partie de l'avoir du chef de maison. Cette hideuse institution, cause d'infériorité des peuples orientaux, a été autorisée par l'Ancien Testament, où l'on voit les patriarches, les prophètes, les favoris de Dieu avoir plusieurs femmes ; tels ont été notamment Abraham, Jacob, David et Salomon ; ce dernier avait sept cents Jcmmcs légiiimes ayant le titre de reines, sans compter trois cents concubines (III Rois, XI, 3). Le Nouveau Testament est muet à cet égard ; Jésus déclare qu'il est venu, non pas pour abolir la loi, mais pour l'accomplir (i^/«i. V, 17); il maintient donc toutes les (iispositions de la loi de Moïse, concernant l'abaissement de la

femme, y compris la polygamie dont la disparition dans le monde païen est antérieure au christianisme»

On sait comment il répond à sa mère, qui le prie poliment de faire un petit miracle : « Femme qu'y a-t-il de commun entre toi et moi {Jean^ II, 4)? » Il est dispensé, vis-à-vis de sa mère, de tout respect, de toute affection ; ce n'est qu'une femme, et à ce titre elle doit rester silencieuse comme un vil esclave et ne parler que quand on daignera l'interroger.

Cliez saint Paul, le mépris de la femme est exprimé de la manière la plus brutale : «Je désire, dit-il, que vous sachiez que Christ est le chef (la tète) de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ (I Cor. XI, 3). » Ainsi, il y a autant de distance entre l'homme et la femme, qu'entre le Sauveur et l'homme; voilà ce que décide l'oracle apostolique. Qu'on ose donc encore soutenir que le christianisme a ennobli la femme ! — Continuons : « Que les femmes soient soumises à leur mari comme au Seigneur^ parce que le mari est le chef de la femme, comme Christ est chef de l'Église (Ephès, V, 22, 23). L'homme n'a point été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, et l'homme n'a point été créé pour la femme, mais la femme pour Ihomme (I Cor. XI, 8). » Il est impossible de consacrer plus péremptoirement l'abaissement de la femme, tel qu'il était pratiqué dans les sociétés barbares. — Le même auteur admet la femme dans le temple et lui permet de participer aux solennités du culte, mais pourvu qu'elle s'éloigne de l'autel, qu'elle ne sorte pas de son infériorité, que son rôle soit toujours passif, et que toute fonction lui soit interdite : « Que les femmes, dit-il, se taisent dans les églises, parce qu'il ne leur est pas permis d'y parler ; mais elles doivent être soumises selon la loi qui l'ordonne. Si elles veulent s'instruire de quelque chose, qu'elles le demandent à leur mari (le confesseur n'était pas encore mventé), lorsqu'elles seront dans leurs maisons ; car il est honteux aux femmes de parler dans l'église (I Cor. XIV^ 34, 35). La femme a été faite pour l'homme. C'est pourquoi la femme doit porter sur sa tète, à cause des anges, la marque de la puissance de l'homme. Jugez vous-même s'il est bienséant à une femme de prier sans avoir de voile sur sa tète {id. XI, 8, 13). Que les femmes se tiennent en silence et dans une entière soumission, lorsqu'on les instruit. Je ne permets point aux femmes d'enseigner ni de prendre autorité sur leurs maris ; mais qu'elles demeurent en silence. Car Adam a été formé le premier, et Eve ensuite. Et Adam n'a point été séduit; mais Eve, ayant été séduite, est tombée dans la désobéissance. Elle se sauvera néanmoins parla procréation des enfants (I Tim. II, 11,15)))-

L'Église s'est toujours teiiUe attachée à ces piincipeè. Le.^ femmes sont exclues du sacerdoce. Il en résulte pour elles une infériorité radicale. Elles ne sont pas jugées dignes d'exercer les fonctions par lesquelles certains hommes se sont élevés au-dessus du reste de l'humanité. Les femmes, quelques progrès qu'elles accomplissent dans la sainteté, ne peuvent donc jamais franchir une certaine limite ; elles en sont empêchées par l'imperfection de leur nature et n'atteignent jamais le degré de pureté requis de l'homme pour être promu à la prêtrise ; elles sont essentiellement profanes et condamnées à rester dans les ouailles laïques, c'est-à-diro dans la plèbe chrétienne. Les plus éclatantes vertus ne peuvent les affranchir do cette loi. La sainte la plus éminente ne pourra être admise, ni au sous-diaconat, ni aux ordres mineurs, ni même à l'honneur de servir la messe et de suppléer les bedeaux et enfants de chœur. Lepj dons spirituels sont aussi subordonnés à la condition physique des individus. La vierge Marie elle-même, la reine du ciel, la mère de Dieu avec qui elle partage les hommages des catholiques, n'aurait pu être admise aux plus bas degrés de la hiérarchie ecclésiastique.

L'institution de la confession rend encore plus inique et plus choquante cette inégalité entre les deux sexes. La femme est tenue de se confesser à un homme, sans que jamais elle puisse à son tour confesser qui que ce soit. Cette seule différence assure au sexe fort une supériorité éclatante.

Le christianisme considère la femme comme un être impur. En conséquence, on lui intordit rentrée des lieux renommés par leur sainteté. Dans la plupart des églises, il ne leur est pas permis de se placer dans le chœur-. Plusieurs sanctuaires sont interdits aux femmes. C'est ce qui a lieu notamment pour la chapelle de Saint- Sauveur d'Aix, comme le constate l'abbé de Faillan (Monuments inédits de l'apostolat de sainte Marie Magdeleine, t. I, col. 583) (1). La Vierge Marie^ quoique pouvant y être honorée d'un culte, ne serait pas jugée digne d'y entrer; elle se verrait pn'férer le dernier des màlcs, fùt-il un crétin, fùt-il un païen ou un publicain.

Ainsi, le cliristianisme a méconnu la dignité de la femme qui

(1) L'oraJoire de Saint-Sauveur, à Ai\, était en si grande vénération, écrit l'annaliste do l'église d'Aix, que les loiumes, par rospecl, n'osaient pas y entrer. Les actes des délibérations du chapitre d'Aix, de l'année rô81, nous donnent la même idée du motif de cet usage. Les Tommes, dil-on, n'entrent jamais dafts Li petite chapelle de Saint-Sauveur, « cause de la sainteté du lieu et par le rôsiiect qu'il inspire (Délibération du chapitre, an 1H94, P 94). ,

néanmoins persiste à s'attacher à sou despote ; il suffira de réclaireipour lui 'faire comprendre que ses vrais intérêts doivent l'amener dans le camp des libres-penseurs.

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