‹ Essais de critique textuelle (ecdotique)Chapitre 2 sur 47 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

à la règle pratique qui en découle et si le but que l’on poursuit n’est pas tout simplement d’avoir les mains libres pour l'établissement du texte. Trois des Essais qui suivent sont des réponses au cours desquelles j'ai cherché surtout à donner des éclatrcissements sur mes principes de critique.

Mais j'ai moins en vue ici de convaincre mes adversaires su le terrain particulier de la Vulgate, que d'ouvrir quelques horizons nouveaux aux éditeurs futurs. Les questions traitées dans ces pages sont, en effet, d’un intérêt général et elles se posent pour la critique de tous les textes. Qu’il s'agisse d'un livre sacré ou d’un auteur profane, dès lors qu’ils sont anciens, l'éditeur en demande le texte aux manuscrits qui nous les ont conservés. Or ces manuscrits ne sont ni exactement semblables les uns aux autres, ni d’égale valeur. Quels sont ceux qu’il faut suivre de préférence? Le classement les fait connaître; c’est lui, en effet, qui distribue l’ensemble de la tradition en un tableau généalogique partant de l'archétype pour s'épanouir en une série de rameaux divergents dont, en règle générale, la valeur critique diminue à mesure qu’ils vont s’élougnant de la source commune.

La méthode proposée ici est, avant tout, une méthode de classement. Je reproche aux procédés aujourd’hui en usage de confondre, dans cette opération, la recherche de l’archétype avec celle de l’original, de mettre, à la base des groupements, de prétendues « fautes communes », d'édifier sur ces fautes des généalogies presque fatalement dichotomiques et d'aboutir ainsi à ces perpétuels classements en deux familles, qui sont un fait d'expérience, et dont M. Joseph Bédier a si justement et si sprrituellement fait le procès.

L’'archétype des manuscrits conservés d’une œuvre quelconque n’est pas nécessairement de tout point conforme à l'original de cette œuvre. Par ailleurs, la comparaison des manuscrits ne peut logiquement et matériellement aboutir qu’à la reconstitution de l'archétype dont ils dérivent. Il y a donc lieu de distinguer sotgneusement entre original et archétype et de ne viser d’abord que ce dernier.

Par quelle méthode, ensuite, établir les groupements de manuscrits en pue de leur classement général et pour la reconstitution

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