CHAPITRE HUITIÈME
UNE TRADITION A DEUX RAMEAUX La lettre 53 : Frater Ambrosius de saint Jérême.
La lettre 53 de saint Jérôme, depuis le IX siècle, ou même la fin du VIIE, figure en guise de préface générale au début d’un grand nombre de Bibles. C’est, au point de vue de la transmission des textes, un document du plus haut intérêt.
Tout d’abord nous trouvons cette lettre dans les recueils qui nous ont conservé la correspondance hiéronymienne, recueils d’après lesquels elle a été éditée par M. Hilberg, dans le tome LIV du Corpus des écrivains ecclésiastiques latins de l’Académie de Vienne. (1) Je ferai ici quelques critiques à M. Hilberg sur les leçons qu’il a parfois adoptées, mais son édition a, comme celle de M. Pio Franchi de’ Cavalieri pour la Passio SS. Mariani et Jacobi, le rare mérite d’être un instrument de précision; l’apparatus disposé au bas de ses pages est remarquablement complet. Dès lors, le lecteur qui s’en sert peut quelquefois n’accepter pas la décision de l'éditeur, il n’en reste pas moins son débiteur: c’est à sa conscience professionnelle qu’il doit les données mêmes sur lesquelles s’appuie sa critique. Je le répète, c’est un rare mérite.
Les manuscrits employés par M. Hilberg sont au nombre de huit :
Lugdunensis 600, S. VI.
Neapolitanus vi. D. 59. S. VII.
Petropolitanus 1. 15. Quarto. S. VIII-IX.
Monacensis lat. 6299. S. VIII-IX.
Cenomanensis 126. S. IX.
DENos
(2) Vienne, 1910.
Z Turicensis Augiensis 41. S. IX.
D Vaticanus lat. 355-356. S. IX-X.
S Vindobonensis lat. 746. S. XIII.
Le manuscrit de Naples ne contient malheureusement que la fin de la lettre, et celui de Lyon des fragments glosés qui ne peuvent pas nous servir directement : nous les laisserons donc de côté et nous nous appuierons sur les manuscrits AHP2DS. Il est à noter, à leur sujet, que seuls Z et D représentent des collections un peu considérables de lettres ; les autres n’en contiennent qu’un très petit nombre et même À ne donne que la nôtre (2); il n’y a donc pas à chercher de ce côté un élément de classement. |
La lettre Frater Ambrosius se trouve aussi, comme je l'ai dit, en tête d’un très grand nombre de Bibles; nous avons employé pour l’édition que nous en donnerons en tête de la Genèse. une trentaine de manuscrits dont les principaux sont les suivants :
Or Parisinus lat. 3. S. IX.
Da Parisinus lat. 11514. S. IX.
Dz Turicensis Carolinus C. 1. S. IX.
Da Londinensis Add. 10546. S. IX.
Dr lomanus, S. Pauli. S. IX.
An Matritensis, Acad. Hist. 2. S. XII.
C Parisinus lat. 1. S. IX.
V Parisinus lat. 2. S. IX.
R Parisinus lat. 6. S. X.
G Parisinus lat. 7. S. XI.
C’est un fait très remarquable que le nombre et la gravité des variantes présentées par ces Bibles pour le texte de notre lettre. Nulle part, dans le texte biblique, on n’en trouverait
(*) Dom Ant. Staerk a donné dans son ouvrage sur les Manuscrits latins de la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, II, p. XVII, une très courte
notice de ce manuscrit et un facsimile (LXXIII) qui montre qu'il a été écrit par une main anglo-saxonne.
autant. Je l’ai fait observer ailleurs, aucun texte n’a été aussi respecté que celui des livres sacrés, mais il ne faut pas nous plaindre de cette abondance de variantes pour la préface ; grâce à elles les éléments de classement sont beaucoup plus marqués et plus persévérants, et il nous est par suite facile de classer nos manuscrits de la lettre.
Si nous considérons tout d’abord les exemplaires des recueils épistolaires, nous n’avons qu’à lire les premières lignes de l’apparat de M. Hilberg pour voir les manuscrits des lettres se diviser en deux groupes très tranchés (1) :
4623 tua AH; iua mihi PZDS 4. allocutionis À H; amicitiarum P Z'DS 443. 1. est À H; est et P ZDS.
2. corporum tantum À H; tantum corporum P ZDS. 4. legimus enim À H; legimus P Z'DS.