CHAPITRE IV
Expériences personnelles de culture
a). LE TERRAIN.
Nos essais ont eu lieu en 1928 et 1929 à Coutances, en 1930 à Saint-Lô. Ils ont été effectués, tant la première que la deuxième année, sur un même champ que nous avions fait défricher au mois de janvier 1928.
La recherche du terrain nous créa quelques difficultés. Son choix était d’une importance primordiale pour mener à bien nos expériences.
La Digitale ne poussant convenablement que dans les terres à réaction acide, nous avons commencé avant toutes autres analyses de la nature du sol, à déterminer le » H des couches végétales des champs dont nous pouvions disposer. Nous avons effectué cette recheïche par la méthode de COMBER, au sulfocyanure de potassium, nous reportant à l’échelle colorimétrique mise au point par BRIOUX (1).
Le principe de cette méthode consiste à agiter 2 à 3
(1) Ch. Brroux. — Une bonne méthode de triage des sols acides, ©. R. Acad. Agric. de France, 1924, 10, p. 954-957.
AG
grammes de terre sèche avec 5 cc. d’une solution de 40 grammes de sulfocyanure de potassium pour un litre d'alcool neutre d9D7
Les sols acides renferment une petite quantité de sels ferriques solubles dans les conditions de l'essai, et qui donnent une coloration variant du rose pâle au rouge foncé opaque.
Au contraire, avec les sols neutres ou alcalins, la solution alcoolique de SCNK reste incolore ; on emploie alors comme contrôle une solution analogue rougie à l’aide de quelques gouttes de perchlorure de fer dilué.
Dans le cas d’un sol franchement alcalin, la chaux qu’il contient décolore le réactif.
Un sol plus ou moins acide possède un » H compris entre 4 et 6,5, un sol neutre arrive aux environs de 7 ; un sol alcalin possède un » H supérieur à 7.
C’est ainsi que nous avons retenu, parmi les sols examinés, un terrain situé à Coutances. En suivant la méthode de COMBER, la réaction du sol donnait une coloration rouge grenat correspondant à un » H voisin de 4,5.
Deux autres raisons nous ont guidé dans le choix définitif de ce champ. La première, c’est qu’il était inculte et que nos résultats ne seraient pas faussés par des améliorations antérieures du sol. La deuxième, c’est qu’il y poussait spontanément des Digitales, en m£êiie temps, d’ailleurs, et ceci à titre documentaire, que des Genêts et des Fougères.
Avant de commencer les essais, nous avons procédé à une analyse de la terre. Les résultats obtenus furent les suivants :
Pour 1000 de matières à l’état sec
Terre fine. SAR CR RM RE EG 0 0) Caïlloux et graviers (gneïss et grès en décomposition) . 310. Azote total pour 1000 de terre brute sèche. . . . 0.73 Acide phosphorique soluble dans les acides concentrés . 0.43 Potasse. $ + ; : : k SC LR RER 0.54 Chaux. PNR SIN ST PE 0.32
Manganèse lexprims "en Mn CR 0.16