‹ Essais de culture de la digitaleChapitre 12 sur 24 · LT · texte numérisé non relu

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Eléments assimilables

Acide phosphorique soluble dans les acides faibles. . . 0.033 Potasse LS AR RE OR EP RINE SR AN EN S TT © 0.085 Réaction du sol — acide A GICULÉ TE VAlUCE ENS CNAUXR.. er de ne ee 1.50 DHEA CONCLUSION. — Terre pauvre, notamment en acide phos-

phorique, potasse, chaux et manganèse, très pauvre en acide phosphorique et potasse assimilables, très acide.

L’espace choisi était sur le sommet d’une petite élévation de terrain, à 60 mètres environ d'altitude au-dessus du niveau de la mer. Elle était elle-même dominée par un coteau plus haut, qui protégeait la culture des vents du Nord et de l'Ouest. Du côté Nord il y avait une haie d’arbrisseaux et du côté Ouest trois grands hêtres. Ils projetaient de l’ombre sur une partie du terrain à certaines heures de la journée. Nous avons jugé nécessaire de les faire tous abattre, craignant que la Digitale puisse, à l’égal de la Belladone par exemple, subir dans son développement l'influence des radiations solaires. Nous avons donc obtenu ainsi un terrain uniformément ensoleillé pour nous mettre à l’abri de cette cause d’erreur.

Le terrain, de forme rectangulaire, avait 27 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur. Nous avions fait dresser cinq séries de trois planches de 12 m. 50 de longueur sur 0 m. 80 de largeur. L’intervalle entre chaque planche de ja même série était de O0 m. 40 et celui entre chaque série était de 1 mètre.

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Les carrés de la sixième série ont servi, au cours de l’hiver 1928-1929, à faire des semis.

Séries | n o$

L 0 0 ee 2 ee ee 0 © + ©

Fig. 1. — Représentation schématique du terrain utilisé à Coutances, pour nos expériences.

b). — LES RACES.

Nos expériences ont porté au cours des deux années 1928 et 1929 sur trois races différentes 1°) la race de Coutances (les jeunes plants avaient été cueillis près des haies environnantes).

2°) la race de Belfort, dont les plants avaient été cueillis par les soins de M. BÉHA, pharmacien à Belfort, au Mont dit du Salbert qui surplombe Belfort à une altitude de 550 mètres. 3°) la race de Dun-le-Palleteau (Creuse), dont les jeunes plants avaient été cueillis par notre camarade GOGUYER- DESSAGNES (1).

Les raisons qui fixèrent notre choix furent les suivantes : Il nous sembla que, tentant nos expériences à Coutances, il * s'imposait de retenir la race de Coutances. Quant aux races de Belfort et de Dun-le-Palleteau, elles nous sembièrent les plus intéressantes parmi les races françaises, eu égard à leur plus forte teneur en glucoside.

c). — LE CHOIX DES ENGRAIS.

Parmi les raisons qui ont guidé notre choix entre les nombreuses formules que nous aurions pu essayer, il est un principe dont avons tenu à ne pas nous écarter : celui de ne pas combattre la réaction acide de notre sol. D’après les expériences de CHODAT, il semble établi que la Digitale, qui est donnée comme plante calcifuge ne le serait pas du fait de l’ion calcium, mais par la réaction alcaline des sels de chaux qui ont été employés dans les expériences effectuées (2).

C'est pour cette raison que nous avons retenu dans la composition de nos formules

1°) le sulfate d’ammoniaque, qui est un engrais azoté à réaction acide (un excès d’acide sulfurique se trouve toujours dans le produit industriel) ;

2°) le superphosphate minéral, qui est un sel calcique à réaction acide, de préférence aux phosphates neutres ou alcalins.

Tout en restant en accord avec le principe de la réaction acide du terrain, nous avons voulu également essayer l’in-

(1) Ce nous est un agréable devoir de remercier ici nos aimables con-

frères pour tout le soin qu’ils ont apporté dans la cueillette et l’expédition des jeunes plants.

(2) R. CHopar. — Sur le Digitalis purpurea, « plante calcifuge ». Bull. Soc. Botanique de Genève, 1913, (2° s.), 5, n° 9, p. 288-296.

se

fluence de la potasse. On a remarqué que la Digitale croit abondamment dans les Vosges et le Limousin, dont les terrains sont particulièrement riches en sels potassiques et à réaction acide. Nous avons retenu le sulfate de potasse qui est un engrais à réaction neutre et par conséquent ne modifie pas la réaction initiale du terrain. À titre d'engrais complémentaire, nous avons essayé la magnésie sous forme de sulfate car elle se retrouve constamment et en assez forte proportion dans les cendres de la Digitale.

Le terrain, défriché à la fin de janvier, fut défoncé à une profondeur de deux hauteurs de bêche et laissé en terre brute pendant deux semaines afin d’en aérer la partie végétale. Nous avons procédé ensuite à l’épandage des engrais en les répartissant dans le sol jusqu’à environ une vingtaine de centimètres de profondeur, puis nous avons nivelé nos planches ; le terrain était alors prêt à recevoir les jeunes plants de Digitale.

Nos expériences portèrent la première année sur quatre formules d'engrais :

FORMULES Nes 1 2 3 & Sullate de potasse (46 0/, K20) . . 600 1200 2400 2400 Sulfate d’ammoniaque (20 c/o Az) . 600 600 600 1200 Superphosphate minéral (16 °/, P20ÿ) 1200 1200 1200 1200 Sulfate de magnésie. . . . . HN 150 150 150 150

Les nombres expriment des grammes.

Chaque formule était établie pour 30 mètres carrés, soit la superficie des trois planches correspondant à une série. Chaque formule donnait, comme éléments fertilisants pour 80 mètres carrés :

FORMULES Nos 1 9 3 & ARE, SANS ENS HAE 276 552 4104 4104 ÉD LAZ NUS EN ER NS EEE 120 120 120 240

Nous avons mis en évidence par le diagramme suivant les quantités d'éléments fertilisants fournis à chaque série.

a dun SD ——

=; em.

om

CLELLLEETE

Formules n° 1 2 9

Fig. 2. — Quantités d'éléments fertilisants fournis en 1928 à chaque série de plants. La série 5 n’a pas reçu d'engrais.

Dans les trois premières séries, nous faisions varier le facteur potasse K20 et dans la quatrième formule, le facteur Az par rapport à la formule 8.

Nos quatre formules furent donc réparties dans quatre séries de planches différentes, la cinquième série qui avait été dressée fut laissée vierge d'engrais, à titre de témoin. Le repiquage des jeunes plants fut fait les 15 et 16 mars. Les jeunes Digitales avaient une collerette de feuilles de 8 à 10 centimètres de diamètre. Elles furent repiquées sur chaque planche en ligne à raison d’une tous les 50 centimètres. Dans chaque série, nous avions réservé une planche de plants de Coutances que nous désignerons dans l’exposé qui va suivre par l’abréviation : « Planche Coutances » ; une autre planche de plants de Belfort « Planche Belfort » et une autre planche de plants de Dun-le-Palleteau « Planche Dun ».

Végétation.

Pendant les quelques semaines qui suivirent le repiquaze, il y eut une période de sécheresse, de sorte que les engrais ne

LIRESRES

furent que partiellement solubilisés. Les dernières semaines de mai furent très pluvieuses mais très froides, ce qui retarda le développement des plantes et, à cette date, les jardiniers considéraient le 1° semestre de 1928 comme particulièrement défavorable à la végétation. ;

Dans les courants de mai et de juillet, nous avons fait deux sarclages pour empêcher l’envahissement de nos planches pai les mauvaises herbes.

La plupart des jeunes plants qui furent repiqués ont repris. Nous n’avons eu environ que 2 à 3 pieds par planche, qui périrent au cours des essais.

Les deux tiers des plantes, environ, ont fleuri au début de l'été. C’est, en somme, une grosse proportion par rapport à celles qui ne fleurissent pas. Ce résultat fut plutôt défavorable, éar la teneur en glucoside est, dit-on, plus forte chez les plantes n’ayant pas fleuri dans l’année. A l’époque où nous avions fait la cueillette des jeunes plants pour le repiquage, c’est-à-dire à la fin de l’hiver, les souches de l’année précédente n’ont plus que quelques feuilles vertes, souvent petites et qui peuvent les faire assez facilement confondre avec les jeunes pieds provenant des graines qui ont germé à la fin de l’automne précédent. Au hasard de la cueillette, nous avons repiqué des plants de première et des plants de deuxième année ; ces derniers ayant poussé normalement leur hampe florale, nous avons là l’explication de la forte proportion de plantes fleuries. Il y avait lieu de tenir compte de cet inconvénient dans les essais ultérieurs. On verra plus loin comment les expériences de 1929 sont satisfaisantes à cet égard.

Récolte.

A partir du début de juin, nous avons commencé la récolte des plantes fieuries. Avant que les boutons ne soient complètement éclos, nous avons cueilli les feuilles de la base de chaque plante et nous les avons pesées pied par pied, afin de pouvoir établir le tableau suivant, qui donne les moyennes

US

des poids de feuilles fraîches, exprimés en grammes, par pied de :

Plantes ayant fleuri Séries DOG 2ICESTME LITE Planche Coutances. 106 130 138 139 77 Planche Belfort. 156 224 233 219 63 128 142 169 158 72

Planche Dun.

les feuilles des le tableau &es

Au début de septembre, nous avons récolté pieds n'ayant pas fleuri et dressé également * moyennes des poids correspondants. £

Plantes n’ayant pas fleuri 1 2 3 4 5

Séries 210 285

Planche Coutances.

Planche Belfort.

Nous figurons par le diagramme suivant le résultat de nos

expériences de 1928.

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me Un 175700 | MÉDE A AR ER ) IN ln JE QUE NE NE ol

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Fig 3. — Rendement des Digitales cultivées en 1928. Les hauteurs sont à la même échelle que dans les figures 5 et 6.

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