CHAPITRE I
Le genre Digitalis
Le genre Digitalis, créé en 1700 par TOURNEFORT et maintenu en 1735 par LINNÉ, appartient à la famille des Scrofulariacées, où il se range dans la 8° tribu, celle des Rhinanthées, caractérisée par une corolle zygomorphe à étamine postérieure avortée (différence avec les Verbascées), des pétales postérieurs internes dans la préfloraison (différence avec les Antirrhinées).
Les genres les plus voisins sont : Scoparia, Capraria, Camptoloma et Isoplexis.
Les caractères généraux du genre Digitalis sont : Calice profondément divisé en 5 lobes inégaux ; corolle tubuleuse en cloche, rétrécie à la base, à limbe oblique et à 2 lèvres peu distinctes, la supérieure échancrée ou entière, l’inférieure à 3 lobes inégaux ; 4 étamines didynames, anthères à 2 loges divergentes s’ouvrant en long ; style filiforme, à stigmate bifide ; capsuie ovale-acuminée, à 2 loges polyspermes, s’ouvrant en 2 valves (1).
Fleurs purpurines ou jaunâtres, grandes, en grappes terminales unilatérales ; feuilles grandes, alternes, entières, dentées ou crénelées, selon les espèces ; plantes herbacées à tiges robustes, dressées, simples.
Le genre Digitalis comprend environ 25 espèces, originaires pour la plupart de l’Europe méridionale et centrale, de l’Asie mineure et de la résion du Cavcase. Les 3 seules que l’on ren-
(1) H. Coste. — Flore de la France, de la Corse et des contrées limitrophes. Paris, 1906, III, p. 25.
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contre en France à l’état naturel sont : D. purpurea L., D. ambigua Murr. et D. lutea L.
Plusieurs espèces sont spéciales à la péninsule ibérique, d’autres aux îles Canaries, aux Baléares, le D. atlantica Pomel à l'Afrique du Nord, le D. sibirica Lindi. à la Sibérie. L'espèce ja plus orientale serait le D. cochinchinensis, signalé en 1791 par LOUREIRO.
La Digitale pourpre, qui est une espèce eu-atlantique, s’est répandue assez facilement dans l’Europe moyenne et même jusque dans le Sud de la péninsule scandinave.
En Allemagne, on ne la trouve pas à l’Est de l’Elbe, mais elle est présente en Bohême, en Hongrie, en istrie et dans quelques régions de la Russie.
Elle n'existe pas à l’état sauvage en Suisse, ni dans le reste des Alpes ; elle y est souvent remplacée par le D. lutea.
Depuis des siècles, elle est cultivée comme: ornementale dans les jardins. Le professeur J. DOMINGUEZ rapporte que les Jésuites l’avaient introduite au Chili dès la fin du 17° siècle.
W. J. WELDING (1) dit que la Digitale était cultivée dès le début du 19° siècle aux Etats-Unis, où on l’utilisait à la fois pour ses vertus médicinales et comme plante ornementale. Elle s’est même répandue hors des jardins et on la trouve maintenant à l’état subspontané dans quelques districts montagneux des Etats-Unis, ainsi qu’en Colombie britannique.
Nous donnons ci-contre la répartition systématique des diverses espèces de Digitales, d’après W. HIMMELBAUR et E. ZNWILLINGER (2), répartition fondée sur les caractères morphologiques externes et sur les caractères anatomiques.
Nous avons ajouté à ce tableau, dañs une colonne spéciale la synonymie des principales espèces, telle qu’elle est donnée
() W. J. WELDING — Thèse, Philadelphie, 1833 et Journ. Pharm., 1834, 20, p. 98.
(2) W. HIzMMELBAUR et E. ZWILLINGER. — Formenkreise in der Gattung Digitalis L. Biologia generalis, 1927, 8, p. 682-683.
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par les ouvrages de Botanique systématique, par l’Index Kewensis en particulier (1).
À la suite de leurs recherches, ces auteurs subdivisent ainsi le genre Digitalis :
Genre Digitalis
Sous-genre Isoplexis.
D, sceptrum L.
D. canariensis L.
Sous-genre Eudigitalis.
Section Iberica.
Sous-section Laciniatae.
D. laciniata Lindl.
D. obscura L.
Sous-section Purpureae.
. minor L.
. amandiana Samp.
. Mariana Boiss.
. Thapsi L.
. dubia Rodr.
SNSRCRents
. alba Schrank.
. carnea Meig.
. libertiana Dum.
nevadensis Kunze.
. speciosa Salisb.
tomentosa Hofm. et Link.
flava Georgi.
. grandiflora Lam.
. magnifiora Mill.
. ochroleuca Jacq.
D. purpurea L.
D. ambigua Murr.