C. R. Ac. SC., 1899, 129, p
(3) On considère le plus souvent les D. ochroleuca Jacq. et D. grandiflora AIl. comme synonymes du D, ambigua Murr.
(4) Cette ville est nommée également « Jourieff » en russe et « Tartou » en esthonien.
(5) GOLDENBERG. — Untersuchung einiger Digitalis-Species. Thèse Univ. Dorpat, 1892 et : Les Nouveaux Remèdes, 1893, 9, p. 509-511. (6) Paul JACCARD. — Un nouveau cardiaque. Bull. Sc. pharmacol., 1902,
. EE Te
teurs avaient utilisé un dialysé préparé par le pharmacien H. GoLaz, et cette préparation s'était montrée plus active et plus riche en digitoxine qu’une préparation analogue obtenue à partir du D. purpurea. D'après KUNZ-KRAUSE, sa teneur moyenne en digitoxine était de 0,1348 % pour des extraits fabriqués de 1897 à 1899.
Il y a une vingtaine d’années, WEHMER, résumant les recherches faites avec les espèces que nous venons de citer, estimait pouvoir dire : « Les autres Digitales semblent renfermer les mêmes constituants que le D. purpurea, mais leur valeur pharmacodynamique est moindre > (D:
Vers 1916, une autre espèce apparaissait sur le marché. C'était le D. Thapsi L. D'abord exportée d’Espagne à l’état de mélange avec le D. mariana L. et le D. nevadensis Kunze (2) elle fut soumise à l’essai pharmacologique et trouvée un peu plus active que le D. purpurea de même provenance.
Etudié en Amérique, dans les laboratoires de PARKE et DAVIS (3), le D. Thapsi s’est montré trois fois plus toxique pour la grenouille que le D. purpurea de qualité moyenne.
En France, cette Digitale a été décrite, au point de vue morphologique et histologique, par M. le Professeur P. GUÉRIN (4).
À la même époque, R. E. MoRRIS étudiait un autre groupe de Digitales qu'il avait cultivées à l’Université de Minnesota (5). Les espèces D. ferruginea L., D. lutea L., D. lanata Ehrh., D. grandiflora AIl., et d’autres, lui ont paru douées de la même activité pharmacologique que la drogue officinale ; les trois premières sont également plus toxiques, mais cependant,
(1) C. WeHME8. — Die Pflanzenstoïfe. Iena, 1911, p. 702.
(2) E. M. HoLMEs. — Spanish Digitalis. Pharm. Journ., AE (4), #4 p. 351.
(3) O. A. FARWELL et H. C. HAMILTON. — Digitalis Thapsi L. pol Journ. of Pharm., 1917, 89, p. 147-154.
(4) P. GuÉRIN. — Une Digitale d’Espagne, Digitalis Thapsi L. Union Pharm., Paris, 1919, 60, p. 161-163.
(5) R. E. Morris. — Pharmacology of various species of Digitalis. Müinneapolis J. Lancet, in : Pharm. Journ., 1917, (4), 44, p. 375.
D Me
MorRis concluait que le D. lutea étant à peu près dépourvu de propriétés excitantes et irritantes, sa teinture devait être utilisée en thérapeutique ; les premiers résultats lui ont d’ailleurs été favorables.
En raison des conditions économiques qui ont suivi la guerre de 1914-1918, chaque pays a, comme l'Espagne l’avait fait avec le D. Thapsi, cherché à utiliser les plantes médicinales poussant sur son sol. C’est ainsi que l’attention des Italiens s’est portée sur les Digitales, qui sont particulièrement abondantes en Sardaigne. On y trouve surtout la Digitale pourpre, ainsi que ses variétés, parmi lesquelles le Digitalis tomentosa Hoffm. et Link.
Sous la direction du Professeur CAVARA, le D' Gustavo LEONE entreprit au Jardin botanique de l’Université de Naples des cultures des diverses variétés de Digitales italiennes (1). Il fit ainsi plusieurs constatations intéressantes, sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement et signale comme particulièrement actives et productives une forme, dite monstruosa, en raison de ses très grandes feuilles, et la variété tomentosa de Sardaigne.
En Espagne, au début de 1925, le D' P. FONT QUER fit une révision des diverses Digitales signalées dans la flore de la péninsule. Ce travail est d’ordre exclusivement botanique (2). Parmi les onze ou douze espèces décrites, l’auteur ramène le D. obscura L. au D. laciniata Lindl. ; le D. purpurascens Roth. est, selon lui, un hybride du D. purpurea soit avec le D. lutea, soit avec le D. Thapsi ; les D. nevadensis Kuntze, D. mariana Boiss., D. dubia Rodr., D. tomentosa Hoffm. et Link, et peutêtre d’autres encore ne sont que des races du D. purpurea enfin il crée une nouvelle variété, la var. toletana F. Q.
(1) G. Leone. — Action et activité physiologique de quelques digitales cultivées au Jardin botanique de Naples. Bull. dell’Orto bot. Univ. di Napoli, in : Bull. Sc. pharmacol., 1925, 32, p. 315-316.
(2) P. Fonr QuEer. — Datos acerca de las Dedaderas españolas : Bol. de Farm. militar, in : El restaurador farm., 1925, 80, p. 227-233 et 254-259.
Toujours à la même époque, BIERNACKI, en Pologne, s’était livré à l'étude chimique et pharmacologique de onze espèces ou variétés (1). Il employa concurremment le procédé de dosage de KELLER et la méthode de FOCKk& sur la grenouille,
Dans les espèces types : D. ferruginea, D. purpurea, D. lanata et D. ambigua, la teneur en digitoxine cristallisée a été trouvée voisine de 0,30 p. 1000, mais dans les variétés dérivées du D. purpurea, il y en a, en général, près de deux fois moins que dans l’espèce type. Cette teneur en digitoxine paraît plutôt en relation avec le mode de culture qu’avec la nature des espèces, et elle n’est pas en rapport avec l’activité pharmacodynamique des feuilles, mesurée par la méthode de FOCKE.
À ces données déjà nombreuses, il convient d'ajouter d’autres espèces récemment étudiées par W. HIMMELBAUR et E. ZWILLINGER (2).
À la suite d’essais d’ordre purement chimique, utilisant la méthode de KELLER-KILIANI, ces auteurs ont mis en évidence par des réactions colorées la présence de glucosides dans un certain nombre d’espèces. Ils se sont même efforcés, en opérant comparativement avec des échantillons de Digitalis purpurea et de Digitalis lanata, d'évaluer approximativement la richesse en glucosides des espèces qu’ils ont étudiées. D’après ces résultats ils considèrent comme actives les espèces suivantes
D. canariensis L. . D. viridiflora Lindl.
sceptrum L. laevigata W. et K.
laciniata Lindl. leucophaea Sibth.
obsceura L. athoa Hal.
minor L. orientalis Lamk.
mariana Boiss. longebracteata Richt.
dubia Rodr. ciliata Trautv.
amandiana Sampaio. Sibirica Lindl.
(1) S. BIERNACKI. — Digitalis. Rocenicki Farm. Varsovie, 1922, 1,
(2) W. HIMMELBAUR et E. ZWILLINGER. — Formenkreise in der Gattung
Digitatis L. Biologia generalis, 1927, 3, p. 682-683.
HoGee
D'après les essais comparatifs, ils ont même établi une échelle d'activité. Ils considèrent le D. lanata comme environ trois fois plus riche en glucosides que le D. purpurea. Parmi les espèces étudiées, le D. Thapsi, le D. obscura, le D. orientalis et le D. sibirica auraient une teneur glucosidique de même ordre que le D. lanata. Cette teneur serait plus élevée encore chez le D. mariana et surtout chez le D. dubia.
Nous ne donnons ces indications comparatives que sous réserve, parce qu’elles sont fondées uniquement, comme nous l'avons dit, sur l'intensité comparative des réactions colorées obtenues et par conséquent susceptibles de révision après dosage physiologique.
Pour déterminer j’activité de ces espèces, les auteurs anciens se sont surtout adressés à des méthodes chimiques.
Citons parmi ceux-ci : KOSMANN (1845), ADRIAN et TRILLAT (1899), DÉJEAN (1908), DAFERT et ENGLISCH (1926), etc.
D’autres auteurs ont utilisé surtout des techniques physiologiques. Parmi ceux-ci on doit remarquer principalement GOLDENBERG (1892), JACCARD (1902), Morris (1917), Mus- ZYNSKI (1921), LEONE (1922), DAFERT (1922), DAFERT et WALLENTIN (1924).
Enfin, certains travaux sont appuyés à la fois sur les dosages chimiques et des déterminations biologiques. C’est à ces mémoires qu’il convient d’accorder le plus de confiance BIERNACKI (1922), PAYER (1925), FRITZ (1926), VERGNANO (1928), PERROT, BOURCET et HAMET (1930), etc.
Mais aucun de ces travaux ne permet d'établir d’une façon décisive quels sont les liens de parenté reliant à la digitoxine, retirée du D. purpurea, les principes isolés des autres Digitales.
Il faudra de multiples expériences encore pour déterminer exactement quelle est l’activité physiologique réelle des diverses espèces de Digitales. Nous n’avons guère sur ce point, jusqu’à présent, que des données assez disparates.
Nous aurons l’occasion, dans le chapitre V, de dire pour
rs Tite
quelles raisons les résultats publiés jusqu'ici ne doivent être accueillis qu’avec réserve.
Il est cependant une espèce sur laquelle des recherches assez nombreuses ont été effectuées depuis plusieurs années le D. lanata. Divers auteurs s'accordent pour reconnaître à cette plante une activité plus grande que celle du D. purpurea.
Son étude a été reprise tout récemment par M. le Professeur Em. PERROT, MM. BouURCcET et HAMET (1). Ils ont montré que cette espèce est en effet très active et ils ont réussi à en extraire un glucoside, la dilanine, différente de la digitoxine et plus toxique que celle-ci. Ils considèrent que le D. lanata mérite d’être étudié très sérieusement et qu’il pourra peut-être, dans l'avenir, être substitué au D. purpurea, on raison, d’une part, de son activité plus grande, d’autre part 1e sa culture plus facile que celle du D. purpurea.
(1) Em. Perrot, P. BourCET et R. HAmMxr. Une nouvelle Digitale, Digitalis lanata Ehrh. Bull. Acad. Méd. Séance du 4 nov. 1930, Paris, 104, N° 35, p. 303-309 et Bull. Sc. pharmacol. 1931, 38, N° 1, p. 7-16.
CHAFITRE III
Culture de la Digitale
Considérations générales, Historique
Quoiqu'il en soit de l’activité des espèces autres que la Digitale pourpre, celle-ci reste et restera certainement longtemps encore l’espèce officinale.
C’est de la culture de cette espèce que nous nous sommes occupé.
Le problème de la culture se pose pour la Digitale comme il s’est posé pour d’autres drogues : Belladone, Datura, etc. Très peu importante encore au début du siècle, la culture des plantes médicinales a pris ensuite, et particulièrement depuis la guerre, une importance de plus en plus considérable.
Nous n'avons pas à insister sur ce point ; il nous suffira de renvoyer le lecteur à la brochure publiée en 1928 par M. le Professeur Em. PERROT et M. G. PELLERIN sur ce sujet (1). On y verra quel est l’état actuel de la question, quels efforts ont été faits un peu partout en Europe et avec quel succès, sous l’influence de l'Office des Matières premières, la culture comme la récolte des plantes médicinales ont progressé en France.
D'une façon générale, la culture des plantes médicinales présente d'énormes avantages. La récolte de la plante cultivée
(1) Em. PErRoT et G. PELLERIN. — Les efforts de l'étranger pour la production des Plantes médicinales et aromatiques, indigènes et cultivées. Notice N° 27 de l'Office national des Matières premières végétales. Paris