‹ Essais de géographie linguistiqueChapitre 27 sur 67 · Ti'aité de la formation de la tangue, p · texte numérisé non relu

Ti'aité de la formation de la tangue, p

2. La France du Nord paraît avoir possédé la variante CAPicius (d'où l'ancien français ctmvessot), qui a vécu aussi dans le Midi (prov. mod. cabés). Cf. A. Thomas, Mélanges d'étymotogie française, p. 51. — Le Dictionnaire Général, pour le tipe féminin, donne, d'après Estienne, caboche comme picard, et cite des formes plus anciennes cahoce. La présence du éprouve à l'évidence que les deus variantes sont originaires du Midi (Italie septentrionale et Provence).

3. Cf. Meyer-Lûbke, 1668, et Romanische Forsdmngen, XIV, 559.

REVUE DE FILOLOGIE FRANÇAISE

zone s*étendant de l'Hérault et des Pyrénées jusqu'au nord du Massif Central ' .

Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'italien. Le nom du poisson exigerait une étude spéciale. D'après le Dictionnaire Général, le mot serait originaire du sud-ouest delà langue d'oïl. Ce n'est pas prouvé.^ priori, je ne sache pas que la région saintongeaise ait envoyé anciennement à Paris beaucoup de noms de poissons, ni qu'elle fût, au moyen-âge, un grand fournisseur de marée pour la capitale. Je crois même qu'on serait fort embarrassé de trouver un point de la côte où chabot serait fonétique. Il est remarquable que le plus ancien exemple connu, cité par le Dictionnaire Général, soit cabot (Gautier de Coincy), et que Bernardin de Saint-Pierre, natif d'un port de mer (Le Havre) emploie la même forme ^ Du Cange (v° cabos^ cite, de son côté, en ancien français, deus exemples du mot qui l'un et l'autre ont le c (Miracles; Lettre de rémission de 1404). Chabot me semblé donc une forme relativement récente et partiellement francisée de r^z/^o^, qui a dû venir directement de Provence par les vallées de Rhône et Saône.

Où je suis complètement d'accord avec le Dictionnaire Général et M. A. Thomas \ c'est lorsqu'il s'agit de reconnaître que la forme primitive était cabo:(^ •<* capôceu (mot

1. Si nous avions la carte « têtard » pour toute la France, nous verrions sans doute que cette aire s'étendait plus au nord. Rejoignaitelle le cabot wallon (cf. la note suivante) ? Nous n'en savons rien, faute de matériaus intermédiaires. — Resterait à localiser la région où s'est développé le sens « chien » [à grosse tête], d'où est venu le français cabot (et argot, Vidocq). Je crois que ce sens a dû se former en Provence ; cependant Mistral ne le donne pas.

2. La Normandiea encore (Rolland, Faune pop., Ul, 174-5) ainsi que le wallon au sens « têtard «(Rolland, op. cit., III, 66-7).

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