‹ Essais de géographie linguistiqueChapitre 28 sur 67 · Mélanges d'ètymologie française, p. 51 et n · texte numérisé non relu

Mélanges d'ètymologie française, p. 51 et n

ESSAIS DE GHOGRAI'IE LINGUISTIQUH

invariable). Je crois d'ailleurs que, d'assez bonne heure et dans maintes régions, on a reformé un singulier cabot d'après le pluriel cabo:(^, par analogie avec les nombreus mots en -ot, pl. La forme précitée de l'Hérault est kabot, et le tsâbô auvergnat repose sur chabot (-c>;(, -às > -ipi, -oîc suivant les endroits, mais jamais ô dans la région issoiriene).

Le passage du sens « poisson » au sens « têtard » a dû s'opérer d'abord par la voie d'un diminutif. Le mot le plus fréquent, de la Guyenne à la Méditerranée, est encore le tipe cabossoly cabassol, ce dernier reposant sur une variante latine *capacius ' . Le têtard était donc à l'origine le petit chabot. Il devint le chabot tout court, partout où cette espèce de poisson était rare ^ Et nous verrons apparaître les mêmes substituts pour le têtard que pour le poisson (têteau, grosse tête, tête d'âne, etc. Cf. Rolland, Faune populaire, m, 174-5).

chabossol a-t-il été inconnu à la Basse Auvergne ? Non, si le raisonnement précédent est exact. Et de fait je suis porté à voir dans la busolù de Bulhon Taltération d'un ancien chabossol(a)y sous l'influence récente du mot français : car il serait peu vraisemblable qu'une population qui n'a jamais vu de boussole ait pensé spontanément à donner au têtard le nom d'un objet qui n'évoque guère cet animal. Nous trouverons plus loin un autre résidu.

Pourquoi, à son tour, chabot a-t-il disparu dans notre région, sauf en un point, au sens c têtard » ? On a cherché un mot plus imagé, à l'époque où chap (avec ses dérivés) s'usait et tombait peu à peu en désuétude devant testa.

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