Id., ibid. A Ardes tsabciSO^ f., = peuplier étêté
2. Rolland, pour le poisson, n'a relevé le mot qu'en Normandie {caho), dans le Gard (cabot) et en Franche-Comté (cha vot) ; il a aussi quelques chaboisseau.
REVUE DE FILOLOGIE FRANÇAISE
Parmi les dérivés de testa qu'on rencontre, le plus ancien est évidemment testât, avec le même suffixe que chabot, et dans lequel s'est opéré une simple substitution de radical (Bagnols, Sugères, Mirefleurs, — patois généralement arcaïsants). Le suffixe -aut l'a parfois remplacé (Issoire, Rochefort) . Quant aus nombreus testart, têtard, qu'on trouve dans la plaine et les grandes vallées, bien que la fonétique les ait généralement rhabillés en trompe-l'œil ^ il s'agit partout du vocable français, importé, par la voie de l'école, depuis moins d'un siècle.
Le mot testa peut être employé seul (Les Martres, Vicie-Comte, etc.), ou précisé par l'adjonction d'une épitète. De même que la Gascogne, où cap est encore vivant, a créé des kap gros >• kagros, nous avons ici des testa grossa ^ (région du Mont-Dore), et une grossa testa, de formation plus récente (les patois disant aujourd'hui « une grosse tête », et non plus « une tête grosse ».) Il y a quelques « têtes noires » (Moriat, la Sauvetat), une testa d'ôla (Bulhon); enfin des « tête d'âne » (Coudes, Usson ; 8ii) qui viennent sans doute du français, car on en trouve un peu partout sur la carte de V Atlas (qui malheureusement n'embrasse que la moitié sud de la France), et ce n'est pas une de ces métafores qui s'imposaient. A y joindre Và^è bubu du point 815 : le segond terme est un mot enfantin.
Voici maintenant toute une série de métafores indigènes, qui se sont développées chacune sur un territoire homogène, plus ou moins vaste :
I ) Métafores empruntées à la forme de ranimai. — « Tête
1 . Il n'y a guère qu'au point 708 où la fonétique trahisse un emprunt au français (tétar, dans la région où 5 sf conserve devant k, /, p).
2. A remarquer que souvent les formes de testa grossa ne sont pas fonétiques et accusent parfois l'absence de 1*5 là où la consonne devrait être conservée (Singles, Montaigut-le-Blanc) : encore l'influence du français .
ESSAIS DE GÉOGRAFIE LINGUISTiaUE 57
de poi », déjà cité (Bulhon). — « Queue de poêle » (point 801, où le mot vient du nord [kœ d pwçlo], et tout le Bourbonnais du nord-ouest). — dans trois villages contigus (Busséol, La Roche-Noire, Saint-Georges). — massola (== battoire) dans la région de Vinzelles. — £akô (=1 shako, évidemment récent) à Château-du-Cher.
2) Méiafores empruntées aus habitudes de ranimai. — « Soufflet » à Orcet. — Dans trois aires voisines, l'idée de la bête qui barbote est exprimée par trois mots différents : tipe gorgolhô{n), gargalhô (radical « gargouiller ») dans la région d'Ambert et à l'est (suffixe -0/ au point 816); tipe mergolh (avec finale analogique en -aut), du Fayet- Ronnayes à Saint-Jean-en-Val ; tipe barbot à Saint-Floret, où il sert d'appât pour la pêche aus truites. J'y rattacherais volontiers le bârbârçtà de Vodable, où je vois un croisement entre la racine « barboter » pour le sens, et le mot barbarota, pour la forme, lequel désigne habituellement, dans la contrée, des insectes assez variables suivant la localité (dermestes, mites, etc.). — Enfin le tipe « couard » qu'on rencontre dans le Cantal (709, 811), et que Rolland signale dans la Meuse ^ ; le Cantal connaît une variante, sans doute moderne, coat^ coado (719,715)-
Dernière série : le têtard est nommé d'après la grenouille. Le fait est rare, et il ne peut être que récent, car le paysan auvergnat, non seulement ignore généralement, mais encore se refuse souvent à croire que le têtard en se développant devienne grenouille. Ou alors il peut s'agir — et ce serait à vérifier — de têtards déjà pourvus de pattes.
Le diminutif grênulyu a été relevé par M. Edmont aus points 808 et 809 (Ambert) ; ici, M. Michalias ne m'a donné que giirgulyu.