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I. Cf. A. Dauzat, Morphologie du patodis e Vinielhs, p

ESSAIS DE GÛOGRAriK I.INGUISTIQUF

fort, Merlines), gçpà (Château du Cher, Saint-Sauves, Monton), cjçpê (Saulzet, Le Veniet-Sainte-Marguerite), gispè (Murat-le-Quaire, La Bour boule, Singles, Tauves), gispd (Bagnols) ; Sud : g^spâ (Arvant, formant îlot).

Au sud-est, le tipe primitif constitue une ai/e homogène qui occupe tout un massif montagneus, à peine débordé à l'ouest : Doranges, Saint-Germain-L'Herm, Le Vernet-la- Varenne, Saint-Genès-la-Tourette, Sugères, Sauxillanges, Usson, Saint-Étienne, Saint-Jean, Chargnat, Saint-Martin, Vinzelles, Lamontgie, Champagnat et environs, Saint-Jean- Saint-Gervais. Il s'étent sûrement plus au sud. Les formes (yçipâ, vjpâ..) se présentent en général comme des singuliers refaits sur le pluriel

En résumé, depuis l'époque gallo-romaine, vespa a sans cesse reculé, battu en brèche par ivespa d'abord, puis par l'héritier de celui-ci, guêpe, sans compter qu'il a dû souvent céder la place à des succédanés locaus qui pourtant, nous le verrons bientôt, lui étaient sémantiquement inférieurs. Le tipe originaire s'est révélé constamment impuissant à résister aux attaques.

Quelle est donc la cause de cette infériorité ? Il fimt la demander, une fois de plus, à la proximité homonimique, ou, si l'on préfère, à l'étimologie populaire. Du jour où ves- PERA fut contracté en vespra, l'attraction s'imposait : vespa devait tendre à devir vespra \ Partout où la confusion s'est produite, le mot était voué cà la déchéance et à la mort : il était à la merci du premier concurrent, apparenté ou non, qu'il vînt de Germanie, de Paris, ou qu'il surgît du vocabulaire local.

Les formes anciennes avec /- se trouvent précisément là

I. Une autre création analogique, luesple (ci-dessus dans les ex. de Godefroy), n'a pas vécu.

REVUE DE FILOLOGIE FRANÇAISE

OÙ le mot a disparu par la suite. Nous avons déjà vu un vespre, au xiv^ siècle (Christine de Pisan), en une région où le V ne devait plus subsister alors que dans quelques îlots. Rolland Qoc. cit.) cite vêpre en Champagne, d'après Grosley : c'est un résidu isolé qui a échappé à V Atlas, ou un exemple emprunté au sud de la Haute-Marne. Pour le Midi, Mistral nous donne vespro dans le Velay, où M. Edmont ne le retrouve plus : donc, derechef, forme en voie de disparition. Dans le voisinage, j'en relève un exemple à Léotoing (près Lempdes), et c'est précisément un débris isolé. Les formes actuelles. avec r relevées par V Atlas sont en bordure de l'aire vespa, comme vepr à 258, behpro à 719, dans des points menacés, comme 766 et les quatre points du Cotentin et des îles anglo-normandes (386, 39$, 397, 398), ou dans des aires en pleine décomposition comme dans le nord de la Franche-Comté. (A 27, le mot s'est protégé par la formation d'un dérivé, veprer.)

Ce dernier exemple est d'autant plus concluant que cette aire franc-comtoise où vep > vepr est en pleine décomposition, est bordée à l'est et à l'ouest, là par des ivepr, ici par des gépr nombreus, qui doivent sans contredit leur r à un vepr préexistant qui le leur a légué. Car ces deus formes n'auraient eu, sans cela, aucune raison inpérieuse d'ajouter un r à leur radical. V Atlas donne wèpr à 33 (isolé au sud-ouest près de vepr, 43, 32), 51, 53, 63, 71, 72, 73, 74 {tivepr à 54, 75, 65...), Rolland Çoc.cit.) vouèpre à Montbéliard ; l'Atlas a gepr (ou dyepr) à 23, 35, 36, 45, 56, 104, iio, 903, 316, 356 438, et Rolland relève la forme dans la Côte-d'Or (ici l'influence de la langue de Paris et de l'école l'ont fait en partie disparaître). Citons enfin le bordelais d'après Mistral, et rappelons l'altération nierp du Nord (295).

I. Celui-ci en Normandie entre les vepr du Cotentin et les vrep du pays de Caux.

Voici maintenant la preuve contraire '. Là où s'est produite la métatèse, dans le domaine (et > b), le tipe avec V (ou b) s'est conservé dans des aires homogènes et résistantes : eiî faisant disparaître rhomonimie, la métatèse a sauvé le mot. Ceci, du moins, pour un tens, car il est évident que, en Normandie par exemple, la langue de Paris finira, pour ce mot comme pour les autres, par imposer sa forme. Toute la Seine-Inférieure et le nord de l'Eure (sauf le point 258 précité et déjà menacé) disent vrèp. Fait plus significatif encore dans le Midi^ à deus bespro (755, 766) s'opposent vint-trois brespo qui occupent tout le sud-ouest.

La démonstration nous semble faite.

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