I. Op. cit
ÈS.SAIS ÙE GÉOGRAriE LiNGUlSTiatJË
Si
pouï: ce dernier de Sàint-Ailthème ;\ l'extrême est, du point 80 1 et de Buxières-sous-Montaigut au nord-ouest), reposent sur une forme primitive romane ma::^ede. Au contraire, au nord et à l'est — Berry, Bourbonnais, Charolais, Lyonnais, Forez et confins du Puy-de-Dôme — , nous avons la forme nia:(y qui, à l'est^ au sud et à Fouest de son domaine, s'adjoint des suffixes : suffixe -ellu et -ïttu à l'ouest (maseaux, pl., dans Bounin; masés, pl., dans George Sand ; formes berrichonnes actuelles niaié, via^eau, ma:yiau, — le tout cité par Godefroy, v° masel 2; — maset, m., muselle, f. [et dérivé masetiére], dansjaubert; — ma~é 303 (et près de éoo, à Châteaumeillant, où le mot est féminin d'après l'ancien a initial, communication de M. A. Meillet), îiia:;;}'é 800, nià:(èl 803, dans V Allas : il a dû se produire des confusions entre -el et el après la chute de la consonne finale ; il se peut même que -ellu existât seul autrefois); suffixe -ottu, -OTTA dans le Forez et le haut Beaujolais Qfiâ~àld, Saint- Anthème [P.-de-D.] et 808 ; nia:(àiœ, Leigneux [O. de la Loire]; ma:;ïvœ, 818; mwa:^ot 819; ma~œti 908); -aille, -ouille dans le bas Lyonnais {iniuo^oyi 911, inu'o:^ul 914); 'Zuèr Ç-oire}') dans le Charolais (jnaziuèr 909, nia^zuèr 907). L'histoire de ces dérivés demanderait à être précisée dans chaque région ^ : mais il est hors de doute qu'il s'agit de suffixes ajoutés au mot primitif i>ia~, conservé dans la majeure partie du Bourbonnais, le nord-ouest du Puy-de- Dôme et de la Loire.
Donc mai d'une part (ancien }ua:{e), ma^ede de l'autre. 'Comme je l'ai dit dans l'article précité de la Remania, aucun suffixe, ni latin vulgaire, ni roman, ne peut rendre
1. Il se peut que niii:^ivèr soit une métatèse de tnivain- (cf. les formes lyonnaises et foréziennes où Vm a visiblement lahialisé Tj).
2. Il se peut que dans certains cas soit une formation en retour d'après nia-ct, par dcdiminutivisation.
REVUE DE FILOLOGIE FRANÇAISE
raison de cette dernière forme : on ne peut l'expliquer que par l'entrée du mot, tout armé d'un suffixe germanique, dans les parlers romans. Il s'agit, je le rappèle, du suffixe neutre atone -idï, -îtî, qui sert à former des collectifs en ancien haut-allemand ■
Par contre, je ne crois plus à l'introduction, en gallo-latin, d'un t antérieurement à la sonorisation du t intervocalique. La forme ?nwitâ de Grandrif, que j'avais considérée comme une contraction très ancienne *amazlti ^ma^te, me paraît devoir être expliquée tout autrement : si on remarque qu'elle est isolée et qu'elle se trouve précisément sur la limite de Taire beleta et de la sous-aire ma^pta, on admettra plutôt qu'il s'agit d'une altération récente de miuidâ (tipe des patois contigus â l'ouest) en mwitâ, sous l'influence des formes avec t du sud-est et du nord. Mon hipotèse primitive supposait que le mot aurait atteint les montagnes de Grandrif (S.-E. d'Ambert) dès le v<^ siècle, ce qui me semble aujourd'hui invraisemblable : à cette époque les colonies wisigotiques commençaient à peine à s'installer dans la basse-Limagne.
Il faut donc concevoir que le mot a pénétré dans le galloroman à partir des vi^-vii* siècles environ, sous la forme *AM/^iTjÏDÏ, avec un d analogue à tous les d indigènes provenant du / intervocalique latin. D'où ama-^ede, qui dut être primitivement masculin, mais qui ne tarda pas à devenir féminin. Il ne me semble plus que la cause première de ce changement doive être demandée uniquement à l'^ï initial {Faina^cde > la ma:^ede), car cet a est conservé au point 708, auquel il faut joindre Vamaieda de Deribier de Cheissac, Tun et l'autre tout à l'extrémité de notre aire : donc à Fépoque assez tardive où le mot gagna la région de Bort et