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PREMIÈRE PARTIE ANIMAUS D'ÉLEVAGE

Quelques considérations particulières à ce groupe dominent le sujet et peuvent être déduites des pages qui vont suivre, comme de l'étude d'autres cartes de V Atlas.

On observera l'uniformité remarquable des noms désignant les bêtes de boucherie (mouton, veau, bœuf...) ou les animaus de trait, de labour (cheval, âne, vache). La variété lexicologique augmente en raison de la moins grande fréquence de l'animal : ainsi pour les mâles reproducteurs, infiniment moins nombreus que les individus châtrés (cf. bélier et mouton, taureau et bœuf), ou que la femelle (cf. jars et oie). Le nom de la femelle ou plus souvent du mâle (généralement hongré) devient le terme collectif qui s'apphque à l'ensemble de l'espèce, et il tent à éliminer plus ou moins les autres appellations dans les pays où l'animal ne fait pas l'objet d'un élevage intensif.

Quelques fénomènes très importants doivent être mis en relief. D'abord le nom du jeune devient très souvent le nom de l'adulte : qu'il s'agisse en particulier de mâles ou de femelles destinés à la reproduction, l'acheteur recherche des animaus jeunes', et le vendeur est porté à rajeunir les siens, ou, si l'on préfère, à vieillir les mots. L'ancien nom de l'adulte arrive à désigner la bête âgée.

Pour les femelles, la relation avec le nom du mâle, contrairement à ce qu'on pourrait penser, a peu d'importance : les patois cherchent surtout un rapport avec le nom du jeune, en précisant l'idée qu'il s'agit d'une bête faisant des petits.

I. Dans ce sens, J. Gillîéron et M. Roques, Études de géographie liiiguisli(jue, p. 125.

ESSAIS DF géo(;kai-ie linguistique 3

Enfin le nom du mâle (plus rarement de hi femelle) peut changer d'espèce. Et ceci ne se produit pas seulement pour des espèces voisines (cf. coq et coq de perdris ; gelinotte, et geline — poule), mais pour des animaus qui n'ont aucune similitude : on verra ainsi plusieurs exemples du nom du jars appliqué au taureau. Le mot — qu'on nous permette ce néologisme — s'est despécitié. Il y a en effet dans ;< jars » deus idées, celle du sexe mâle et celle de l'espèce oie : la segonde disparaît, la première seule subsiste; le terme peut ensuite se spécifiera nouveau en s'appliquant à un autre animal.

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