I . Roinniia, XLIV
2 . Ce radical est susceptible de désigner des insectes très divers. (Cf. Rom. etyiii. IVa'rterhtich, 852). J'ai entendu appeler la cétoine hahhalota à San Remo.
5 . batfiharo, bomboro est un instrument de musique d'après Mistral : c'est la même métaforc que pour qui ii(jih'nii\ D'ailleurs les deus mots se sont croisés en des variétés infinies de sens et de forme : Mistral a hamharot(p), hanneton, ver blanc, chenille ; habaroto, chenille, charançon, blatte, etc.
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ne sont pas plus surprenants que « le petit coq de hanneton et la « poule d'arbre » limousine et creusoise. Plus curieus est le « mouton » de Jumeaux Çmwitu) : la comparaison doit être due au duvet blanchâtre des élytres qui a rappelé la laine ; on verra plus loin que la variété blanchâtre du hanneton a joué un grand rôle dans la région. Dans le même sens, bâry.tyinb, à Cournon, est un diminutif du mot enfantin bêroto, brebis.
Les adjectifs substantivés, employés d'abord comme surnoms, sont rares. Je ne vois (en dehors de la « sourde » précitée, qui a d'abord désigné la cétoine) que la « sotte « (kâkârœudà) d'Usson. — Quant au vrôdè du point 905, il représente un tipe virondet, dérivé qu'on trouve au sens propre, avec le verbe vironda, « faire le tour de », dans le dialecte de Saint-Etienne au xvii^ siècle : l'étimologie, qui a échappé à M. Vey, est sans aucun doute virar + ironda ; quant à la crase du radical, on la trouve dans de nombreus patois (p. ex. vri dans le Dictionnaire Savoyard^.
Le français hanneton n'a pas attendu la dernière période pour venir au secours de la lexicologie patoise défaillante. On pourrait même se demander, en présence du sous-tipe (J})anei assez fréquent dans le Centre et jusque dans le Sud-Ouest, si le germanique han n'aurait pas débordé autrefois jusqu'ici et si ces Qj)anet n'auraient pas été formés concurremment et indépendamment du hanneton du Nord. Il n'en est rien. Car non seulement nous n'avons aucune attestation d'un mot anet dans l'ancienne langue d'oc, mais le viens français lui-même ne connaît pas hanei qui, au surplus, n'est attesté par aucun patois du nord : la forme s'est cristallisée dans le nord — au moins dès le XI*' siècle, on l'a vu — avec le double suffixe .
Les (Ji)anet du centre et du midi (en y comprenant 1c sigal-han du point 510) représentent une dédiminutivisa-
KSSAis !)}•: c;ÉOGKAiii-: i.iN(iUisi'iQ.iJK 103
tion relativement récente, car celle-ci a sûrement été provoquée par le français (f âne » ; elle suppose don^c la connaissance du français suffisamment répandue dans les campagnes. L7; ne se faisant plus sentir depuis longtens dans le centre et le midi, et Va fermé n'existant pas, même en français régional, Vaneion a été compris comme un « petit âne », d'autant mieus que hanneton, lui aussi, est un miOt français. Il devient'donc anet (imct, 717), puis ane ; mais comme cet am ramène à un mot français, on le traduit en patois : d'où les formes du sud-ouest (î:(^(733,
Dans la basse Auvergne, nous trouvons ànè à Lempdes,
Le Cendre, Orcet, Pérignat, La Roche-Noire, La Sauvetat :
« âne » se dit çnè. en patois au Cendre, à Pérignat et à la
Roche-Noire ; mais dans les autres localités précitées, il y a
homonimie parfaite entre les noms du hanneton et de
Tâne. A Busséol, euù, âne, a provoqué ènè, hanneton. Aus
Martres-de-Veyre (où âne est ènè), ènè, hanneton, a dû aussi
exister nnguère, comme en témoigne une formulette ou
petit conte enflmtin :
è ko, ly àv è ko en ènê dyèty un iklyô :
là kiilàvyHro ptHê, é rènê s ëvulè
« Une fois, il y avait une fois un hanneton dans un sabot : la bande du sabot péta, et le hanneton s'envola. >^ Le mot n'est d'ailleurs plus compris, mais le sens ne saurait être douteus. Et ceci nous prouve, comme nous l'avons dit plus haut, que la valeur « hanneton » donnée aujourd'hui au taon aus Martres-de-Veyre ne doit pas être très ancienne. — La basse Auvergne connaît aussi une autre
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altération de hanneton : c'est anîtsu (Romagnat, Royat) ; Cressat (canton d'Ahun) a janêtîl (A. Thomas).
De nos jours^ hanneton est revenu à la charge pai l'école : car c'est un mot qui intéresse surtout les enfants, et il arrive que l'instituteur leur apprenne avant les parents le nom de l'insecte. C'est ainsi que le mot français a fait aujourd'hui presque complètement disparaître du Forez la cancorna signalée par Nizier du Puitspelu : V Atlas a relevé anêtu au point 8ié ; j'ai recueilli moi-même anètîi à Moingt, anêtô à Saint-Just-en-Chevalet et aus environs, où on ne connaît pas d'autres termes. En Limagne, V Atlas a anètii à Ennezat (804), auquel je joins V anêtô de Saint-Maurice.
Toutefois le terme français n'est pas encore prêt à submerger les formes locales dans la basse Auvergne, d'autant plus que la résistance y est accrue du fait d'une tentative assez récente d'unification régionale. L'appellation nouvelle, qui a eu un grand succès surtout dans la haute Limagne et dans la montagne à l'est et à l'ouest, est une extension de sens du vocable qui a désigné d'abord la variété blanchâtre, à duvet épais, que les naturalistes nomment albidus ou Miilsântî. Cette coloration, au témoignage de M. Kûnckel d'Herculaïs, plus fréquente chez les femelles, se rencontre surtout dans le Sud-Ouest et le midi. Le hanneton blanchâtre est appelé « farinier « (^fdritiye) à Chavanat (canton de Saint-Sulpice-des-Champs, Creuse) et dans toute la basse Auvergne « meunier » ou « meunière » (qui coexiste avec le nom ordinaire du hanneton là où il n'a pas assimilé celui-ci), et qu'on trouve aussi à Chavanat concurrenunent avec « farinier ». Ainsi « meunier », hanneton blanchâtre, s'oppose à nifê, hanne-
I. D'après le \y Louis Qucvrat, originaire de Chavanat (communication di; M. A . Thomas).
HSSAIS Dl- (iÉOGKAriH LINGU IS l'mU !•
ton ordinaire, à Chàtcauneuf-les-Bains, et à rufâdu à Vinzelies ^ et environs.
Au sens général de « hanneton », meunier-meunière forme un bloc compact, qui est en progrès et qui élimine et détruit d'autres termes plus anciens: ainsi brôjè devient arcaïque à Saint-Etienne- sur-Usson et dans les environs, où Taire primitive a été disloquée ; à Royat, « meunier » entre en concurrence avecanitsu ; dans la région des Monts Dore, je n'ai plus retrouvé le tipe quencalho qui i existait naguère ; etc.
Le masculin et le féminin sont assez irrégulièrement répartis; chaque forme cependant est généralement groupée en masses plus ou moins importantes. « Meunière » forme le bloc principal, à l'ouest et au sud : points yoé, 703, 705, 709, 811, 812, 815, 813, 814... de VAtlas (jusqu'au sud de l'Aveyron) ; recueilli personnellement à Monestier (Corrèze), Bourg-Lastic, Rochefort, Sayat, Chanat, Ponteix (Aydat), le Mont-Dore, La Bourboule, Saint-Sauves, Tauves, Bagnols, Besse, Saint-Victor, Montaigut-le-Blanc, Pardines, Saint-Floret, Vodable, Chalus, Madriat, Lavigerie (Cantal), Saint-Ilpize, Vieille- Brioude, Saint-Jean-Saint-Gervais, Le Fayet-Ronnayes (village entouré de sapinières, et où l'insecte est rare), la Chaise-Dieu. Le même tipe est isolé, vers le nord et l'est, à Malintrat, à Laps et au point 808 de l'Atlas. — « Meunier se rencontre au sud-ouest (708), au nord-ouest (801 ; l'aire doit être assez vaste, à en juger par le « meunier », hanneton blanchâtre, de Chàteauneuf-les-Bains), sporadiquement à Royat, puis dans une zone assez étendue, coupée en deus (mais reliée en réalité par la région de Vinzelles où « meunier >■> signifie hanneton blanchâtre) :
I . A Vinzelles on emploie généralement dans ce sens la forme franill(Vn\'i\ la forme patoise nHUlçî étant réservée au meunier.
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Coudes, Sallèdes, Saint-Julien-de-Copel, Billom, Sauviat, Cunlhat, Sugères, Manglieu, Fiat, Sauxillanges, Saint-Jeanen-Val, Saint-Etienne-sur-Usson, Esteil, Ambert, Grandrif, Saillant ; — sur la rive gauche de l'Allier, Saint-Germain- Lembron (807), Brassac, Moriat.