Studf di etimologia ilaliana e romaniay
ESSAIS DE GÉOGRAl-IK LINGUISTIQUE
rir à langurus ou langura, mais en admettant, sur la majeure partie du territoire, par étimologie populaire, une influence de lingua, spécialement dans les deus variantes de son dérivé lingula, ligula : action d'autant plus vraisemblable que le sens y prêtait comme la forme, et que le point de contact fonétique était fourni par un autre dérivé, likgurire. Dans les patois actuels, là où le radical n'a pas conservé son a primitif, le vocalisme du mot sur ce point suit exactement celui de lingua : nous avons, dans le bassin du Pô, ingrolo, ligura, rigola... dans la région de linga ; dans le sud de la France, lengrolo^ rengloro... en face de îen^o, et, plus au nord et à Test (Auvergne, etc,), lingrolo... lyegrolo... parallèlement à lingo, lyêgo.
Tâchons maintenant d'expliquer l'ensemble des formes italiennes et occitaniennes. Les premières — ceci confirme notre hipotèse — offrent une plus grande variété originaire. Ici LANGUKA OU LANGURUS s'est plutôt appliqué au lézard vert ^ Le vénitien ^ /^ïw^f^ro représente exactement langurus; le tipe linguro, langurus + lingula, et le tipe plus fréquent liguro (région de Vicence, Bologne, Ferrare...) langurus -f- LIGULA. La présence de deus liquides appèle fatalement la métatèse (rigola en Emilie [Bertoni], etc.) ; l'addition ancienne du suffixe ôla (souvent pour désigner le lézard gris, plus petit que le lézard vert) produit la sincope (Jingrola, etc.). Inutile de mentionner l'aférèse de / initial.
Dans la France du Midi % d'après les formes actuelles et leur répartition géografique qui s'étent jusqu'aus Deus-
1. En rivalité avec ramarra (cf. le travail précité de M. Bertoni) dont je ne m'occupe pas ici.
2. Les mots italiens cités appartiennent aus listes de MM. Meyer- Lùbke et Bertoni.