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Cf. Y Atlas linguisliinu

120 APPENDICE

Sèvres et au Limousin, il paraît certairî que le mot a été introduit par la Narbonnaise sous la forme *langurola et avec le sens de « lézard gris » \ l'acceptation de « lézard vert » ayant peut-être été prise à l'origine par langa, ou plus probablement déjà par lacertus. Va primitif ne s'est conservé que sur qjnelques points au sud-est, près de la Méditerranée et de l'aire lacrimusa ^ : àngrolo (777, 778) avec aférèse de /, ânglora (768) avec métatèse. Il y a eu peut-être au début quelques variantes concurrentes importées en Gaule : les patois 862-3 Qàngolo, rangolo, avec dissimilation) semblent représenter une variante originaire *LANGÔLA, qui aurait été réduite à la portion congrue par l'expansion ultérieure de *langurôla ^ : mais il n'est pas impossible qu'une des trois liquides du groupe *langrola ait été éliminée par dissimilation, avant ou après métatèse .

La présence de trois liquides, dont la médiane combinée, devait amener fatalement des dissimilations et métatèses encore plus nombreuses qu'en Italie. Citons notamment les tipes rengloro {^8/^2, 852, 709, 811...), réngolo (759, 840...) et les métatèses du Puy-de-Dôme (p. 45). Sporadiquement s'observe l'aférèse de / (ingrolo. Mistral), combinée souvent avec la substitution de suffixe : àgrot (525, 535), et%ro^(527, 528, 533, 539); ^i^çrzt/a^, (5 1 1, 513, 515 et toute la Charente) et lègroiè (822). Voici enfin l'étimologie populaire : tipe thingrola dans le Puy-de-Dôme (p. 45), etc. Dans le sud de l'Auvergne et la Corrèze

1 . Pour le diminutif, cf. encore l'italien liuertola = lézard gris, et l'espagnol lagarltjo, même sens.

2. Les (1 de la Charente (où lingua > /J.i,'^) remontent à en.

3. Cf. aussi les formes r(i^o/o, rei^olo citées par Rolland (Bouches-du- Khône) et que n'a pas VÂtIas : elles auraient la même ejvplication que le rigola bolonais.

ESSAIS DE GÉOGRAFIE LINGUlSTiaUH

s'observe, avec une aférèse qui peut atteindre m après /, un réduplication de suffixe : certaines formes complexes et difficiles posent des problèmes assez délicats (ci-dessus, pp. 44 etsqs.).

Enfin des croisements entre lacerta, lacertus et les dérivés de langura étaient inévitables : les formes bergamasques et trentines Ugurt, ligtird... descendent visiblement de ligtiro influencé par lacertus ; en revanche le tipe lâyèr, qui s'applique en général — fait remarquable — au lézard gris comme au lézard vert dans le sud-est du Puy-de-Dôme suppose une variante ancienne *lagertus dont le g semble dû au dérivé de langa . Le piémontais layôl m'apparaît comme un des exemples les plus caractéristiques de ces croisements.

B. — LACRIMUSA

Pour expliquer les formes que revêt dans le sud-est de la France le nom du lézard gris % M. Philipon, le premier, restituait « un tipe barbare lacrimusia », dans lequel il • voyait « le latin lacryma -j- usia » 5. M. A. Thomas a retrouvé lacrimusa dans le précieus Laterciihis de Polemius Silvius, et il a conclu justement : i° que ce mot, dès le Y'' siècle, désignait le lézard gris dans le sud-est de la Gaule, et qu'une forme allongée en -ia avait été en usage par la suite dans la région lyonnaise; 2° que le terme primitif ne devait rien avoir de commun avec l'idée de « larme », mais que l'étimologie populaire avait vu de bonne heure dans ce tème celui de lacryma ^. De son côté,

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