‹ Essais de géographie linguistiqueChapitre 58 sur 67 · Les noms de l'orvet en France · texte numérisé non relu

Les noms de l'orvet en France

TiPES anadolh, ,anivei, orvet.

Le Dictionnaire général de la langue française ne formule aucune hipotèse sur l'origine à'orvet : il déclare seulement que ce mot est de la même famille que le provençal aneduelh (avec les variantes arguei, anivei) et le berrichon aneuil.

Quel peut être le prototipe commun ? M. Meyer-Lùbke, envisageant spécialement la forme envoyée), propre à" l'est de la France, propose un masculin anguillus, auquel il rattache non seulement la variante provençale arguei, mais encore le « garonnais » nadyiiil \ Cette étimologie me paraît bien difficile à accepter. Avec la meilleure volonté, il est impossible de voir dans anguillus l'ancêtre d'aneduelh, anadolh, dont nadyiiil est le représentant évident, comme l'a montré M. Antoine Thomas ^ M. Meyer-Lûbke ne cite pas non plus la variante anivei, qui rentrerait avec peine dans son cadre. Faudrait-il alors supposer deux mots différents avec des croisements possibles ? Même dans ce cas, et en se limitant aux formes orientales, l'hipotèse de M. Meyer-Lûbke ne semble pas satisfaisante au point de vue sémantique et moins encore au point de vue fonétique. Je ne connais pas de langue ou de patois qui ait donné à l'orvet le nom de l'anguille ^ Mais surtout il n'existe aucun exemple pour appuyer le passage fonétique du groupe latin ang- à arg- en provençal et à anv- en français ; le féminin lui-même Anguilla, anguila est là pour

1. Zeitschrift Jiïr romanische Philolooie, XXIV, 400, et Roniauischfs elymoh^isches Wœrterhuch, n° 461.

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