Cf. Meycr-Lùbke, Roman, rfym. ÎVcrrtfvhuch, n
4. r^ien qu'il fût correct : Platon écrit, par exemple, av£j £;xqO.
APPENDICE
lement ev devant voyelle, et, comme elle n'existait pas dans la langue populaire, elle a été remplacée par e devant consonne ; Va serait dû, dès l'origine, à l'analogie de àvà (sans qu'il soit nécessaire de faire appel à xaxà, qui avait pénétré en latin) ; le 6 s'est réduit régulièrement à t. Voici donc nos quatre variantes *anet-oculis, *anat-oc(u)lis ;
*ANEV-OCULIS, *ANAV-OCULIS.
La géografie linguistique nous indique que les deus premières ont prévalu dans la Narbonnaise, d'où elle se sont implantées dans le bassin de la Garonne et le Massif Central ; les deus dernières, au contraire, dans la région rodanienne, d'où elles ont gagné, d'une part les Alpes jusqu'en Suisse et en Piémont, de l'autre le nord de la France, en s'étalant vers l'ouest au nord du Massif Central ^ J'ai déjà donné d'autres exemples de créations particulières à la région rodanienne en latin vulgaire, et d'une extension géografique analogue de ces formes ^.
Il n'est pas jusqu'à la conservation ^poradique de la contre-finale que nous ne puissions expliquer avec cette hipotèse : il est fort admissible que la parenté avec « œil » ait été sentie assez longtens dans diverses régions pour faire obstacle à la sincope dans un mot perçu comme composé.
S'il nous restait encore un doute sur l'étimologie, la forme catalane anul, que nous avons réservée jusqu'ici à dessein, suffirait pour le lever. Cette forme représente en effet exactement le tipe normal *an-oculis (ul ~ œil, en catalan), traduction, sans réfection, de la formule grecque avecàv-, d'unefiiçon absolument parallèle à r*AB-ocuLis pos-
1. Le lype anev-, qui se trouve dans la Limagne, est arrivé par Thicrs cl :i débordé sur l'Allier, comme tous les mots venus de Lyon à une époque quelconque (cf. l'aire cavaLi dans la carte « jument », ci-dessus,