‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 22 sur 122 · Scène m. — En Angleterre, devant le palais du · texte numérisé non relu

Scène m. — En Angleterre, devant le palais du

roi. Macduff excite Malcolm à reconquérir son trône et délivrer l'Écosse. Malcolm se défie ; il se sait enveloppé de traîtres ; qui l'assure de la bonne foi de Macduff? Macduff se récriant avec indignation, Malcolm change de ton, il se ternit lui-même, se charge de vices imaginaires, à faire regretter Macbeth. L'indignation crédule de Macduff et son désespoir lui prouvent qu'il n'est pas en présence d'un traître et lui rendent confiance en sa loyauté.

Arrive d'Ecosse Rosse ; il décrit l'horreur des choses dans sa patrie, qui est la tombe et non plus la mère de ses enfants. La coupe est pleine, que Malcolm paraisse en Écosse, et son œil créera des soldats, fera combattre les femmes. Mais Rosse a une nouvelle terrible à apprendre à Macduff, le massacre des siens. Macduff, accablé, se relève pour la vengeance : vienne le démon d'Écosse à la portée de son épée, et, s'il échappe, aussi bien le ciel pourra lui pardonner!

Acte V. Scène i. — A Dunsinane, forteresse de guerre de Macbeth. La femme de chambre de lady Macbeth l'a vue la nuit se lever, entrer dans son cabinet, écrire, lire sa lettre, retourner à son lit, tout cela endormie. Le médecin de la reine veille avec elle pour vérifier.

Lady Macbeth paraît, un cierge allumé à la main, endormie, les yeux ouverts, mais sans voir. Elle frotte sa main, car il n'a pas suffi d'une goutte

MACBETH

d'eau pour se laver du meurtre. Pars, tache maudite ! Qui aurait jamais cru que le vieil homme eût tant de sang dans les veines? Elle rejoue toutes les scènes sinistres qu'elle a vues. L'odeur du sang reste à la main : tous les parfums de l'Arabie passeront en vain sur cette petite main.

Le crime a livré son secret à l'oreiller sourd. Le médecin et la femme se séparent en frémissant. C'est d'un prêtre qu'elle a besoin.

Scène n. — Les Écossais révoltés campent autour de Dunsinane: ils vont faire jonction avec leurs alliés anglais, conduits par Siward, oncle de Malcolm, près du bois de Birnam. Macbeth s'est fortifié dans Dunsinane, frémissant, mais confiant.

Scène m. — Dunsinane. Macbeth voit les siens fuir un à un ; qu'importe ? N'est-il pas invulnérable ? Où est l'homme, non né de femme, qui doit le vaincre ? On lui annonce l'approche de dix mille Anglais. La lassitude l'envahit un instant. Il a vécu assez; sa vie en est à la feuille jaunie; et même chez ses quelques sujets restés fidèles il sent des malédictions, muettes, mais profondes; des hommages du bout des lèvres, que les pauvres âmes refuseraient si elles l'osaient. Il se relève : qu'on pende ceux qui parlent de trembler !

Il s'informe de lady Macbeth à son médecin. Ne pourrait-il pas la guérir, déraciner le souvenir qui

la ronge, soulager ce cœur oppressé avec quelque antidote d'oubli? — Non! Elle est malade d'un mal qu'elle seule peut soigner. — Aux chiens la médecine î Et l'Écosse, peut-il du moins guérir l'Ecosse? Quelle rhubarbe, quel séné, quel purgatif pour la débarrasser de ces Anglais? Mais qu'importe ? La forêt de Birnam marchera-t-elle jamais sur Dunsinane ?

Scène iv. — Près de Birnam ; les Anglais et les Écossais ont fait leur jonction. Malcolm ordonne à chaque soldat de couper une branche d'arbre et d'avancer en s'en couvrant pour dissimuler leur nombre.

Scène v. — A Dunsinane. Macbeth attend le siège sans crainte : qu'ils restent devant ses murs jusqu'à ce que la faim et la fièvre les rongent. Un cri de femme retentit : c'est lady Macbeth qui vient de mourir. Mais Macbeth est gorgé d'horreurs, il n'a pas un tressaillement. Il aurait bien fallu qu'elle meure un jour et que le demain, ajouté au demain, mît fin à la misérable comédie.

Une nouvelle plus effrayante survient : le bois de Birnam est en marche sur Dunsinane. Les sorcières ont menti par la bouche de la vérité. Aux armes ! Assez du soleil ! Vienne le naufrage ! Il sort de la forteresse : au moins mourir sous le harnais !

Scènes vi et vu. — Dunsinane. L'armée de Macduff

MACBETH

apparaît devant le château. Siward et son fils attaquent d'un côté, Malcolm et Macduff de l'autre.

Le jeune Siward attaque Macbeth ; mais il est né d'une femme : il succombe.

Le château se rend sans lutte au vieux Siward.

Scène vm. — Macduff cherche Macbeth : si Macbeth meurt d'une autre main que la sienne, le spectre de sa femme et de ses enfants le hantera jusqu'au bout. 11 le rencontre; mais Macbeth l'évite, seul de tous les hommes, car « il a déjà sur l'âme trop du sang de Macduff ». Macduff répond à coups d'épée. « Peine inutile, sa vie est enchantée, elle ne cédera qu'à un homme non né de femme. » — « Charme stérile. Le démon ne t'a donc pas dit que Macduff a été retiré avant l'heure du sein de sa mère morte? » Macbeth pousse un cri de malédiction, mais Lutte jusqu'au bout.

La bataille est finie : on pleure les morts. Macduff revient, la tête de Macbeth au bout d'une pique. Malcolm est roi d'Ecosse.

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