‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 23 sur 122 · SOURCES DE MACBETH · texte numérisé non relu

SOURCES DE MACBETH

Shakespeare a puisé pour ses tragédies historiques à deux sources : Plutarque et Holinshed; Piutarque, pour l'antiquité classique *, Holinshed, pour l'histoire nationale2. C'est dans Holinshed qu'il a pris Macbeth. Voici ce qu'il y trouvait :

Le roi d'Ecosse, Malcolme, avait deux filles, Béatrice et Doada, qui eurent chacune un fils, l'un Duncan, l'autre Makbeth. Malcolme étant mort sans enfants, Duncan monta sur le trône; c'était un homme doux et bon, mais faible. Makbeth était vaillant, et, n'était sa cruauté, digne de régner. Le

1. Le Plutarque d'Amyot, traduit en anglais par Nortli. Plutarch's Lives, in English, from the French of Aniyott, 1579.)

2. Raphaël Holinshed, the Chronicles of Englande, Scotande, and Irelande, Lond. 1577, 2 vol. fol.

MACBETH

peuple aurait souhaité que les caractères des deux cousins fussent fondus en un seul; avec la douceur de Duncan et le courage de Makbeth, on eût fait un roi.

La faiblesse1 de Duncan encouragea les malfaiteurs. Banquho, thane de Lochquhaber2, levant les impôts pour le roi, fut assailli par des rebelles, dépouillé, et se sauva à grand'peine. Un sergent d'armes, envoyé pour sommer les rebelles de comparaître en cour royale, fut insulté et tué, et les coupables, levant le masque, entrèrent en insurrection ouverte sous la conduite d'un nommé Makdowalde ; celui-ci forma une armée, partie de rebelles, partie d'aventuriers appelés des îles de TOuest, et de mercenaires irlandais, nommés Kernes et Galloglasses3, et il. défit les troupes envoyées contre lui.

Makbeth, mis avec Banquho à la tête de l'armée royale, attaqua l'armée deMakdowalde, qui, vaincu, s'enferma dans un château avec sa femme et ses enfants, puis, voyant tout espoir perdu, les tua et lui-même après eux. Makbeth envoya sa tête au roi, fît pendre le corps au gibet et mit à mort les prisonniers. Ainsi fut rétabli Tordre par l'énergie de Makbeth.

1 . Ce paragraphe et les trois suivants sont la source de 1, 2.

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