‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 71 sur 122 · La nuit vint ; je veillais assis près de ma couche · texte numérisé non relu

La nuit vint ; je veillais assis près de ma couche

Soudain ma chair se glace au souffle d'une b >uche,

Et j'entends près de moi, dans un trouble mortel.

Une voix qui disait : Honneur au roi Cromwell !

Elle avait à la fois, cette voix presque éteinte,

L'accent de la menace et l'accent de la plainte.

Dans les ténèbres, pâle et de terreur saisi,

Je me lève, cherchant qui me parlait ainsi.

Je regarde : — c'était une tête coupée !

De blafardes lueurs dans l'ombre enveloppée,

Livide, elle portait sur son front pâlissant

Une auréole... — oui, de la couleur du sang.

Il s'y mêlait encore un reste de couronne.

Immobile... — Vieillard, regarde : j'en frissonne! —

Elle me contemplait avec un ris cruel,

Et murmurait tout bas : Honneur au roi Cromwell/

Je fais un pas... Tout fuit! sans laisser de vestige

Que mon cœur, à jamais glacé par ce prodige !

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