Ibid., II, lxix
pied de la montagne sainte et prit les augures. Il visita tous les lieux classiques, Thèbes, Ghéronée, Platée, Orchomène, l'antre de Trophonius, la fontaine de Dircé qui fait tourner un moulin, et la veille de Noël 1809, des hauteurs de Phylé, il découvrit dans un rayon de soleil la plaine d'Athènes, le Pentélique, l'Hymette, la mer Egée et l'Acropole. Il passa deux mois et demi à Athènes1, chez la veuve du consul d'Angleterre, Théodora Macri, dont la fille aînée, Thérésa, inspira au départ la gracieuse chanson d'adieux, Maid of Athens, dont le charme a été renouvelé de nos jours par les accents de Gounod2. Le 5 mars 1810, un vaisseau de guerre anglais lui ayant offert le passage pour l'Asie Mineure, il resta cinq semaines à Smyrne, où il acheva son poème (16 mars 4810) ; il ne quitta Smyrne que pour visiter les ruines d'Éphèse, où il entendit gémir les chacals au milieu des tronçons de colonnes exilés à présent au British Muséum3. Le 11 avril, il quitta Smyrne; il visita la Troade, lut Homère au pied de l'Ida, traversa l'Hellespont à la nage de Sestos à Abydos, pour vérifier la légende de Léandre, exploit sur
1. A cette période appartiennent les Strophes à Inez (Childe Harold, I, lxxxiv).
2. Il y a quelques années, on apprit que celle qu'avait chantée Byron mourait de faim à Londres : Gounod composa pour elle la musique de Maid of Athens et, à soixante ans de distance, l'art vint soulager les derniers jours de celle dont il avait illustré la jeunesse.