‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 87 sur 122 · Lettre à Dallas, du 11 octobre · texte numérisé non relu

Lettre à Dallas, du 11 octobre

LORD BYRON

Childe Harold une note nouvelle plus touchante et qui vibrait dans les cœurs1.

La fin de l'année se passa à revoir le poème, à corriger les épreuves. Le 27 février 1812, il fit son début, son maiden speech, à la Chambre des lords, dans une discussion sur un projet de loi destiné à réprimer les briseurs de métiers de Nottingham. Il s'éleva avec une éloquence de poète plus que d'orateur, et qui rappelait les beaux moments de Burke, contre la politique de répression à outrance. Ce début lui valut les félicitations de l'opposition et même des ministériels, et une brillante carrière politique s'ouvrait devant lui. Mais deux jours après paraissait Childe Harold. Personne dès lors ne songea plus à sa prose, lui moins que personne, et le 1er mars il se réveillait le premier poète de l'Angleterre. L'on n'avait point vu de longtemps succès littéraire aussi éclatant et aussi instantané. Tous les poètes du temps, Southey, Wordsworth, Scott, Coleridge, furent éclipsés du coup : il avait tout ce qui manquait à ses aînés, la vie, la passion, l'élan ; on sentait une âme puissante vibrer à chaque vers et tout ce qui aurait révolté chez un autre charmait chez lui : on lui pardonnait, on admirait ses hauteurs et ses impertinences de grand seigneur; son mépris affiché pour tout ce qui passionnait les Anglais de 1812, son dédain pour les victoires de

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