Ibid
LORD BYRON
ne plus revenir. « Il n'était point, écrit-il, de vice monstrueux dont ne m'accusât la rumeur publique et la rancune privée : mon nom, ce nom qui avait toujours été un nom chevaleresque et noble depuis le jour où mes ancêtres aidèrent Guillaume de Normandie dans la conquête de ce royaume, fut sali. Je sentis que si ce qu'on murmurait et chuchotait était vrai, j'étais indigne de l'Angleterre; si faux, l'Angleterre indigne de moi. »
Il s'embarqua le 26 avril 1816 pour Ostende ; il visita le champ de bataille de Waterloo et maudit la victoire de l'Europe1. Il remonta ensuite les bords du Rhin, « jonchant sa route de toutes les richesses de sa poésie2 », et arriva enfin à Genève, où il s'établit sur Jes bords du lac, d'abord à l'hôtel de Sécheron, puis à Diodati3. Il rencontra là le poète Shelley, une des natures de poète les plus nobles que l'Angleterre ait produites, proscrit comme lui par la société anglaise, comme lui en lutte avec elle, révolutionnaire en politique, panthéiste en philosophie, et en toutes choses, avant tout, mystique et poète : le monde pour lui n'était qu'esprit, mais l'esprit sous sa forme la plus pure et la plus douce, l'universel amour4. Sous l'influence passionnée de