‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 91 sur 122 · Sur Shelley, voir plus bas, pages 198, sq. et 241 sq · texte numérisé non relu

Sur Shelley, voir plus bas, pages 198, sq. et 241 sq

Shelley, lapoésie de Byron prit une teinte panthéiste plus prononcée ; leurs journées se passaient en excursions sur le lac et dans les montagnes, accompagnées de discussions philosophiques et poétiques. Ils parcoururent la scène de la Nouvelle Héloïse, Rousseau à la main, et Shelley interprétait Rousseau par Wordsworth dont il était resté l'admirateur fervent, même après ce qu'il appelait sa trahison. Byron, qui dédaignait fort Wordsworth qu'il comprenait peu, commença alors seulement à le connaître et à lui rendre justice en l'imitant. Tout le troisième chant de Childe Harold, qui fut composé à cette époque, porte l'empreinte de ces diverses influences1 ; mais Byron, comme tout poète original, n'imite point : le modèle qui l'inspire ne fait qu'éveiller le génie qui suit sa voie propre. Wordsworth n'aurait pu écrire ni la nuit du lac2 ni la tempête3; Shelley eût pu écrire la nuit du lac, mais non la tempête. Byron a pu dire de ce troisième chant : « C'est mon poème favori, c'est un beau morceau vague de désolation poétique. J'étais à demi-fou quand je l'écrivais, entre la métaphysique, les montagnes, les lacs, un amour inextinguible, des pensées indicibles et le cauchemar de mes égarements. » (Lettre à Murray, du 28 janvier 1817).

d . Childe Harold, III, lxxxv, sq. ; toute la métaphysique de la note sur Rousseau (xcix, 5) est imprégnée des idées de Shelley.

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