C. D HARLEVILLE ET FAB. D EGLANTINE
de politique et de finances, rCvcs de paix et de liberté, chacun faisait les siens. Au barreau, à l'Académie, partout retentissaient les prédictions les plus heureuses. Le brillant chevalier de Boufllcrs, dans son discours de réception à l'Académie française, comparait la monarchie française au phénix renaissant : « Qu'il soit l'emblème, disait-il, de la plus belle et de la plus durable de toutes les monarchies prêtes à se régénérer ! Lorsque cet oiseau favorisé du ciel est averti, par ses forces déchues et par ses ailes moins légères, que le cours de ses destins est prêt à s'arrêter, ce n'est point aux flammes des incendies, ce n'est point aux tourbillons des volcans qu'il épure les principes de son existence ; mais il s'élève au-dessus des vapeurs de cette sphère tumultueuse, au-dessus de la région des vents et du tonnerre ; et c'est dans le séjour du calme et de la sérénité, c'est aux rayons les plus clairs de l'astre du jour, qu'il allume ce bûcher mystérieux où il prend un nouvel être, n
Telles étaientlesbrillantes illusions qui charmaient alors tous les esprits; voilà l'heureuse manie que CoUin d'IIarleville peignait dans ses Châteaux en Espagne, Mais il n'a voulu représenter qu'un homme; il n'a pas songé à mettre la France sur la scène et à retracer sa crédulité d'imagination. C'eût été de la comédie politique, et Gollia d'Harlevillc ne pensait guère à ce genre de drame.