‹ Essais de littérature françaiseChapitre 11 sur 58 · Socrate chrétien, Disc. — S. Lettres choisies · texte numérisé non relu

Socrate chrétien, Disc. — S. Lettres choisies

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bore entre les bras de sa mère. Son berceau a été fatal aux temples et aux autels, a ébranlé les fondements de l'idolâtrie, a renversé le trône duprince du monde. Cet homme promis à la nature, demande par les prophètes, attendu des nations, cet homme enfin, descendu du ciel, a chassé, a exterminé les dieux de la terre.

« Avant lui on se doutoit bien de quelque chose. On donnoit de légères atteintes à la vérité : on avoit quelques soupçons et quelques conjectures de ce qui est. .Mais les plus intelligents étoient les plus retenus et les plus timides à se faire entendre; ils n'osoient se déclarer sur quoi que ce soit; ils ne parloient qu'en tremblant et en bésitant des affaires de l'autre vie; ils consultoient et délibéroient toujours, sans jamais se résoudre ni prendre parti. C'est ce Jésus-Christ qui a fait cesser les doutes et les irrésolutions de l'Académie, qui a même assuré le Pyrrhonisme. Il est venu arrêter les pensées vagues de l'esprit humain, et fixer ses raisonnements en l'air. Après plusieurs siècles d'agitation4et de trouble, il est venu faire prendre terre à la philosophie, et donner des ancres et des ports à cette mer, qui n'a voit ni fond ni rive '. »

Je sais bien que si l'on remonte jusqu'aux Pères de l'Église, et que l'on descende à Bossuet, on trouvera chez les uns le germe puissant de ces beautés, et chez l'autre de plus riches développements; mais ce n'est pas un médiocre mérite que d'être le disciple fidèle des premiers interprètes de la foi et comme le précurseur de leur dernier rival.

La politique et la religion ne donnent donc à Balzac

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