Sur /ii (/r<iiiili> éloquence, rliscnnrs" VI
BALZAC. i''
verit reproduit le sens, mais qu'elle n'a point surpasse. Il s'agit tin miracle de l'établissement chrétien : « Il ne paroît rien ici de l'homme : rien qui porte sa marque, el ijui soit de sa façon. Je ne vois rien qui ne me semble
plus que naturel dans la naissance et le progrès de celte doctrine. Les ignorants l'ontpersuadée aux philosophes. De pauvres pêcheurs ont été érigés en éducateurs des rois et des nations, en professeurs de la science du ciel. Ils ont pris dans leurs filets les orateurs et les poètes, les jurisconsultes et les mathématiciens. Cette république naissante s'est multipliée par la chasteté et la mort, bien que ce soientdeuxchoses stérileset contraires au dessein de multiplier. Ce peuple choisi s'est accru par les pertes et par les défaites : il a combattu, il a vaincu étant désarmé ; le monde en apparence avoit ruiné l'Église, mais elle a accablé le monde sous ses ruines ; la force des tyrans s'est rendue au courage des condamnés. La patience de nos pères a lassé toutes les mains, toutes les machines, toutes les inventions de la cruauté *. » Voici qui s'élève encore plus haut : c'est la conclusion du morceau célèbre sur les fléaux que Dieu déchaîne contre les hommes en punition de leurs vices: <( Dieu dit lui-même de ces gens-là, qu'il les envoie en sa colère et qu'ils sont les verges de sa fureur. Mais ne prenez pas ici l'un pour l'autre. Les verges ne piquent ni ne mordent d'elles-mêmes, ne frappent ni ne blessent toutes. C'est l'envoi, c'est la colère, c'est la fureur, qui rendent les verges terribles et redoutables. Cette main invisihle, ce bras qui neparoitpas, donne lecoups que le monde sent. 11 y a bien je ne sais quelle