Œuvres de Voiture, I. II. p. 145. — 2. Ibid., p
chevalerie ([n'autorisaient les mœurs de son temps et qui trouverait aujourd'hui plus de censeurs que d'approbateurs. Nous aimons mieux louer son exacte probité, dont nous trouvons une preuve éclatante dans l'humeur que lui donne la partialité d'un juge rapporteur qui lui avait fait obtenir beaucoup au delà de ce qu'il pouvait légitimement prétendre. « M. ***, dit-il, qui m'a fait ce qui s'appelle un tour d'ami, me croit sans doute obligé d'être le sien tant que je vivrai, et je vous avoue que je ne le puis, et que même il m'est impossible de n'avoir pas pour lui du mépris et de la haine. » Il ajoute à ce propos : a Quand les magistrats vendent nos fortunes et nos vies, ou qu'ils les sacrifient à la passion et aux intérêts des autres, alors j'en ai autant d'aversion et d'horreur que ce bon empereur qui disoit souvent qu'il avoit toujours un doigt tout prêt pour crever un œil à un mauvais juge. » Voiture ne va pas jusque-là contre le rapporteur qui a faussé la justice pour lui être agréable, mais il promet au moins de ne pas profiter de l'iniquité d'autrui : « Puisque je suis cause, dit-il, de la perte que souffriront mes parties, je suis résolu de les dédommager par quelque voie indirecte, et j'en ai trouvé les moyens l. » Tout cela n'est pas mal, on l'avouera, pour un mondain, homme de plaisir.
Cette affaire, où Voiture, en sollicitant un juge, avait animé son zèle jusqu'à la prévarication, nous prouve quelle était la séduction de ce charmant esprit. Nous avons de lui, dans ce genre, un billet au président de .Maisons qui sent son Horace, et que Voltaire n'eût pas