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Col ail le palais du coadjuteur pendant la Fronde

MADAME DE SEVIGNE. 280

conservé sa liberté d'esprit au milieu de la lièvre d'adulation qui régnait à ses cotés. La contredanse royale lont parle Bussyln'a pas eu la puissance delà luienleler pour toujours. Malgré la licence des mœurs, si scrupuleusement détaillée par M. Walckenaer et l'indulgence qui semblait l'autoriser, madame de Sévigné a encore conservé le don de mépriser les femmes qui ont abusé de la galanterie ; et sur ce point elle a des touches lignes du pinceau de Tacite. C'est elle qui dit, en parlant île madame de Lionne, complice des désordres de sa tille : « Je l'avais chassée depuis longtemps du nombre des mères. » Quelle sentence ! C'est elle qui dit encore : « Le nom d'Olonne est trop difficile à purifier; » et quand une autre femme, renommée par le scandale de sa vie2, vient de mourir après de cruelles souffrances, elle écrit, avec un sentiment amer de pitié dédaigneuse et d'indignation contenue : « La pitié qu'elle faisait n'a jamais pu obliger personne de faire son éloge. » Madame de Sévigné, qui était si éloignée d'être prude, avait par sa vertu sans faste mission pour maintenir les droits de la pudeur.

Petite-fille d'une sainte, liée d'amitié avec les docteurs les plus rigoureux de l'Église gallicane, madame de Sévigné n'eut longtemps que cette sorte de piété séculière qui ne défend pas de concilier les pratiques de la ; religion avec les plaisirs du monde. Les grandes austérités lui paraissaient une sainte folie : « Je crains, di-

1. Voici ce que raconte cette méchante langue : » Un soir que le roi venait de la faire danser, s' étant remise à sa place, qui était auprès de moi : Il faut avouer, me dit-elle, que le roi a de grandes qualités : je crois qu'il obscurcira la gloire de tous ses prédécesseurs. •>

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