Sermon pour lu fête de l'Epiphanie
ment plus lyrique la renaissance de sa patrie. Transcrivons cette inspiration vraiment prophétique : « La Grèce entière s'ouvre à moi, le sultan effrayé recule : déjà le Péloponèse respire en liberté, et l'Église de Gorinthe va refleurir : la voix de l'Apôtre s'y fera encore entendre. Je me sens transporté dans ces beaux lieux et parmi ces ruines précieuses pour y recueillir, avec les plus curieux monuments, l'esprit même de l'antiquité. Je cherche cet aréopage où saint Paul annonça aux sages du monde le Dieu inconnu. Quand est-ce que le sang des Turcs se mêlera avec celui des Perses sur les plaines de Marathon, pour laisser la Grèce entière à la religion, à la philosophie et aux beaux-arts, qui la regardent comme leur patrie ? Arva beata petamus, arva diviteset insulas *. Je ne t'oublierai pas, ô île consacrée par les célestes visions du disciple bien-aimé!ô heureuse Pathmos! J'irai baiser sur la terre les pas de l'Apôtre, et je croirai les cieux ouverts. Là je me sentirai saisi d'indignation contre le faux prophète qui a voulu développer les oracles du véritable, et je bénirai le Tout-Puissant qui, bien loin de précipiter l'Église comme Babylone, enchaîne le dragon et la rend victorieuse. Je vois déjà Je schisme qui tombe, l'Orient et l'Occident qui se réunissent à l'Asie, qui voit renaître le jour après une si longue nuit ; la terre sanctitiée par les pas du Sauveur et arrosée de son sang, délivrée de ses profanations et revêtue d'une nouvelle gloire ; enfin les enfants d'Abraham, épars sur la surface de toute la terre et plus nombreux que les étoiles du firmament, qui, rassem-