Lettre n madame de Maintenon, J janvier
ut' pas s'y associer. « On veut, disait-il, que jf4 la condamne avec ses écrits. (Juand l'Église fera Là-dessus un formulaire, je serai le premier à le signer de mon sang et à le faire signer. Hors de là, je ne puis ni ne dois le faire. J'ai vu de près des faits certains qui m'ont infiniment édifié ; pourquoi veut-on que je la condamne sur d'autres faits que je n'ai point vus et qui ne concluent rien par eux-mêmes?... Ses écrits ne sont-ils pas assez condamnés par tant d'ordonnances qui n'ont été contredites de personne? Que veut-on de plus?... Me convient-il d'aller accabler une pauvre personne que tant d'autres ont déjà foudroyée et dont j'ai été ami?... Tout se réduit de ma part à ne vouloir point parler contre ma conscience, et à ne point insulter inutilement une personne que j'ai révérée comme une sainte, sur tout ce que j'en ai vu par moi-même. En vérité, peuton douter de ma bonne foi?... Pourquoi me demander ce qu'on exigerait à peine d'un homme suspect d'imposture l?... » Ainsi Fénelon ne demandait qu'à se taire et laissait le champ libre aux ennemisde madame Guyon ; mais Bossuet voulait une soumission ou un combat. Fénelon prit le seul parti qui lui offrit encore quelques chances favorables. Il se hâta de faire une profession de foi qui le mit au-dessus du soupçon et qui établit la pureté de sa doctrine : pour plus de sûreté, il se fit un rempart des Maximes des saints, relatives à la prière et à l'amour de Dieu. Cette tactique, tout habile qu'elle fut, ne lui réussit pas. Les saints eux-mêmes ne protègent pas toujours ceux qu'on veut perdre : il y