‹ Essais de littérature françaiseChapitre 53 sur 58 · G janvier I · texte numérisé non relu

G janvier I

42i FÉNELON.

vers, achève sa course. 0 Dieu! que vois-je?Où sommes-nous? le jour de sa ruine est proche, et les temps se hâtent d'arriver. Mais adorons en silence et avec tremblement l'impénétrable secret de Dieu l. »

Ce bruit sourd d'impiété, la révocation de l'édit de Nantes ne Pétouffa point, et devenu plus distinct dans le silence de l'hérésie, il continua d'inquiéter les chefs de l'Église. Le péril était plus grand et se faisait mieux connaître depuis qu'on avait fait taire les dissidents religieux. Bossuet et Fénelon essayèrent tous deux de le conjurer, mais chacun selon sa nature etpar des moyens divers. Bossuet, esprit ferme, cœur altier, opposait au mal les étreintes rigoureuses du dogme; il voulait dompter et maîtriser la rébellion ; l'âme tendre de Fénelon aspirait à la fléchir par la douceur du sentiment, et à l'attirer par la lumière de la vérité ; il comptait sur le charme de l'amour divin et sur les clartés de la théodicée, pendant que Bossuet mettait sa confiance aux mystères impénétrables fie la théologie et aux prescriptions impérieuses du devoir. Ainsi disposés, on comprend, mais on n'en regrette pas moins, que ces grands hommes se soient heurtés, puisqu'ils tendaient au même but, et que leurs conquêtes si; faisaient au profit de la même cause.

Gomme orateur, Fénelon n'a pas la sublimité de Bossuet, la rigueur de Bourdaloue, le pathétique de .Massillon; mais il s'élève, il raisonne, il touche avec un naturel et un foui* aisé qui ne sont qu'à lui : il a au-dessus de tous la souplesse et la fécondité. Il y a en lui le docteur et le grand seigneur, selon In remarque de Saint-

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