Lett. Vil, liv. III
■ans les mêmes sentiments, tourna à la satire. Destiné à l'éloge de Richelieu, il devait servir de pendant au Prince : mais, remanié à plusieurs époques, il porte des traces du ressentiment de l'auteur contre Richelieu et Mazarin, qui n'essayèrent pas d'enlever Balzac à sa solitude. Balzac garda rancune au prince et au ministre; il se vengea du ministre en divulguant, après sa mort, son étrange bévue sur Terentianus Maurus r. Quant à Louis XIII, il l'a attaqué indirectement sous le couvert de Néron, et dans des vers latins d'une admirable énergie 2.
Si Balzac interdit aux sujets toute pensée d'indépendance politique, il ne se déclare pas moins vivement contre le libre examen dans les matières religieuses : « Bon Dieu, s'écrie-t-il, qu'Aristote et sa dialectique ont gâté de tètes! Qu'il y a dans le monde de fous sérieux; de fous qui se fondent en raison; de fous qui sont déguisés en sages! 0 mon Dieu, que le silence du sanctuaire est bien meilleur que le babil des Académies, et qu'il vaut bien mieux marcher dans la simplicité de
1. Le premier homme de nuire fiècle a pris le grammairien Terentianus Maurus pour un personnage des comédies de Térence, et l'a appelé le Maure de Térence. »