‹ Essais de LogiqueChapitre 15 sur 20 · DE L* INDUCTION. 2H · texte numérisé non relu

DE L* INDUCTION. 2H

d'abord, et ne résulte pas d*im Iravail de Tesprit humain; elle lioiis est supérieure, el si elle ne nous était donnée, noùs'ue serions pas capables de Tinventer; c'est la dot de l'esprit humain , à qui elle est naturelle et innée , suivant la forte expression de Deseai'tes. Or, les idées innées ne sont pas un simple rajeunissement des liypotJïèse^ idéalistes de l'anti<|uité , comme par exemple la réminiscence de Platon. Descartes a montré par ce moyen la distinction l'ondaraentale de l'infini et de l'indéfini; ou, en d'iaulresi leimes, du nécessaire et de l'abstrait ; H a rendu par là un éminent service à la science de l'esprit humain , et en particulier il a fait faire un pas à la théorie de Tinduction. Car cette découverte psychologi(|uc oblige tous les philosophes qui la comprennent et qui l'accepterit, à expliquer par deux origines, différentes; d'une part les idées et jugements nécessaires-, attribués désormais à la raison, de l'autre les notions générales qui demeurent l'œuvre propre de* rinduotiOQ. i ■

C'est sans doute aussi sous l'influence de Descai^tes (jue , parmi les idées générales elles-mèriîes , celles qui sont le, produit ^le la, fantaisie ou imagination sont retrai^cliées à. leur tpur de co procédé jusque-Là si comple)te et si multiple.

Un.putre progrès dans, la même voie, c'est-à-dire un autre retranchement, est opéré par Locke et Leibniz, dont- la double autointé consacre le mot , d'ailleurs fort ancien, d'obstraçtion , pour déSiignerle procédé spécial qui tire .|de l'observption.de la. nature les notions de genres et d'espèces. Ce procédé, que Bacon lui-même confondait avec l'induction *, en sera désormais distinct.

' Novum Organuin, 1. 1 , aphor. 14 et siriv., et aphor. 105 fin.

212 DE l^nductîon!

Peu à peu, au xvii® siècle et au xvnie,cHèzfiasseh(li, Clauberge , leslogicîeus de Ï^ort-Royal , Ëôss'uet; Bayle, Hume , etc., Tusage s'établit dé boi^ner rinidùctîoïï aux jugements généraux que Toiï formé au niôy en de j /Céments paiiiculîers ou individuels. Réîcl et les 'philosophes de son école la réduisent encore , eii iiii donnant

'il ' ■ I • k

pour unique objet la prévision de Tavénir , ' previsidh fondée, suivant eux, sur quelques expériences , tiiàîà dont la garantie est dans un principe naturet^ iércontingçnt toutefois , du sens commun, qui noiis'fjôrteà croire à la stabilité des lois de là nature. Ces mèfties philosophes distinguent trois forces principales (le ce procédé , qu'ils appellent l*îriçluciiori pi*oprement dite , Tanalogie et Thypothèse. G est celte tHébiie'qui esfle plus communément adoJ3téé' parmi nous , avec' cèïté différence que , la tradition reprenant ses drôïts'l on a rendu au procédé înductif toutes lés prôpositioiis gèneraies établies à l'aide d'observations plus ou moins nombreuses. Lorsque les jugemeats, préliminaires etlé jugement induit appartiennent à un seul el même çehre de faits, d'itfées ou d'êtres, c'est finduction proprement dite. Lorsque des observations faites sur un cei'; tain genre, l'esprit passe à un autre genre voisin et semblable, on dit qu'il procède par anaïogie. Ehfîn, si l'induction ou l'analogie ne s'appuie que sur^ des expériences trop peu nombreuses ou mal conduites^ oii. lui applique le nom d^hypothèse.'* Mais, sous ces trois formes , c'est toujours l'induction, si par là on entend, comme on le fait d'ordinaire , un procédé qui ^erl à former des jugements applicables à tout un genre , et cela au moyen d'une description ou énumération plus ou moins complète de cas particuliers.

DK l/iNDrCTION. 213

Si lel est le sens du moi induction, il est évident qu'il faut apppler aussi de ce nom cet argument par Ténurnération des parties que nous avons examiné plus haut, et qui , nous Tavons vu , ne peut eHre un syllogisme qu'en cessant d'être uno, induction.

.Je laisse fie coté uhe qutre acception tout à fait abusive de ce terme, employé pour désijjner certains jugements particuliers ou certaines suggestions qui n'ont rien de cpmn^un avec l'induction, si ce n'est peut-être l'incertitude que l'on remarque d'ordinaire dans les résultats de ce procédé, Si l'on tient le moindre con^pte de l'opinion unanime des philosophes, on devra convenir que le caractère essentiel de l'induction étant de passer du particulier au général p on en doit refuser le nom à toute opéraXion^ à tout jugement qui n'aurait pas ce caractère. Ce n'est pas la spule conséquence à tirer de cette revue historique, Elle est riche en résultats précieux, et ce n'est pas en vain qu^elle fournit la preuve d'un progrés à peu près continu dans l'analyse psychologique de l'induction. Ce procédé , d'abord confondu avec la faculté de généraliser , est delini en termes vague^ « le passage du particulier au général, ou de l'individuel à i'universel. » Puis, cette acception si large est restreinte par une analy se plus exacte , qui attribue successivement à la raison , à rimfiginàtion, à l'abstraction e( au raisonnement une grande partie de 1 universel , en sorte que l'induction demeure seulement en possession des jugéra'ents généraux à. \a fois et contingents. Une dêi'niére et utile distinction luiayant retiré lesjugèments formés par analogie, il reste que l'induction est un procédé spécial par lequel on affirme d'un genre tout entier ce qui n'a été préalablement connu ou admis que pour un certain nombre de cas par-

2H DE l'indictiun.

ticiiliers pris dans ce genre. Ainsi /{jràrc à rhistoirede la philosophie, nons avons substitué à la définition qui court le monde depuis A ristote, une autre déûnition un peu plus précise , et c'est déjà uh grand gain de savoir au juste quel est Tacle intellectuel que nous eûlrcprenons de décrire.

L'histoire ne nous sera pas d'un moindre secours, lorsque nous serons entré dans les détails de cette atrralyse. Si Ton connaissait parfaitement les ti'avaùx de^ philosophes en ce genre, il serait facile de rendre à chacun ce qui lui appartient, et, ce qui vaut mieux eïïcore, en s'entourant des lumières que chacun d'eux a pu apporter dans ce sujet , oh serait sans doute en étal de fournir une théorie de l'induction, qui, sans être le dertiier nw^t de la psychologie , serait du moins plus exacte et pl«s complète qu'aucune autre. Ce sei'B'it une assez belle récompense d'un travail qui ne consiste, après loùt,' qu-à prendre son bien partout où on le trouve. Mais il est temps de mettre un terme à ces considérations préliminaires, et d'aborder plus ■ directement l'étude que nous nous sommes proposée. » . : .

Analyse de rinduction. .

Nous avons déterminé d'une manière généi^ale le«eins du mot induction et la natiu e du procédé qu*il désigne. Au lieu de le définir sans restriction , coitimeles ancîefis, « le passage du pailiculier an général », nous le définissons d'une manière plus spéciale ((lepassagedeiqwelqiie à tout, dans un genre donné. » Il nous faut maintenant le décrire; il en faut étudier avec soin les éléments et les conditions naturelles, afin de distinguer la part qui

revient à rexpérienn»., à la môiiioiie, à lu roiiiimiuisou , à Faiwlraution ell(;-iu«iU4t dmia hi procédé iuductif, afin surtout iU'y.<Jénièl.eil<v,i'uJ,tf, si l;)rl(;iiiciil aicuso par les aiioieu$, (h l»,rai^vM,<>u uMti^niJoment pur. . i|ie&lindii>pe«$^|)lq, v*Yi*ni I^^I^mIJ^- iîIjoLsm" un. exemple qui permette de donner plus de précision à cette analya^i,,4i^l quiien même ilen^ps.rVait rien d'exclu^sif ou de Ir.op p(ar,ticuUqVp T,<aus ?io,fcf discours a^ondt^nt en pi*oposilion$Jgit5wé.rales qui put éié fournies par Tinduction ; mv^i Pt^i'W iC<|s .proj^^iiitious,. les, unes jjaraissent éta- Wie&soU4çmeuJ>.ou,conMni^ondit,.acquîsesà la science, tarnlis. que d'autres u43.sout admises que d'une manière proviçiiweiC/Oiuvue des opinions pUi.soujfnoins probables, el qui a'4i)wl iriou de;d('*linitif; irautr^s encore expriment de», conjonctures y o|i. mèmft des prtiju^és el des erreurs. Les résu|tal,s,dc^rii,id,ucti(>a Siont.dQUc très-divers : ils peuvent .être \riî*is au .foux ; ^Is sont plus ou moins rigoureux;' et la confiance qu'ils inspirent n'est pas loujouiia à l'abri <(ludo!U.Ui. Qu(;^iqueces différences doivent être prises. on. smeu^e coiusidération , ce n'est pas encore le moment de nous y arrêter, celle analyse ne devant point porter sur une certaine espèce d^'induction, mais sur l'induction en général, considérée comme un procédé qui consiste à affirmer dé toute une classe d'êtres ou de faits ce qui a été affnnié de quelques individus (le .cette classe, U ne faut paa même étudier d'abord l'in- (iuctiqn ^scientifique et les méthodes ingénieuses, mais toujours, artificielles,, auxquelles la physique moderne est rede.tabl^ de, ses plus, belles conquêtes. Gomme il s'agit de se rendre compte. d'un procédé naturel et commun.à tous les homtnes, il faut prendre pour exemple une de ces propositions générales qui appartiennent à

216 DE L'iNDi-CTlON.

tout le monde, que tout, homme peut aisément comprendre et véi:ifier. Tell^ paraîtiètre <;ette loi., efnpruntée à la psychologie : .Tout .souvenir est liépiridée qui le précède iraméçliî^temen^ dans. tlV^prit.. Peut.- être cet exempl/p vaudr^-t-il mieux,, pour Je but «qu'on ae propose! ici, que,l9;JoiicM,MariQtt^ ou l'exemple: éternelle et toujours si.vagwe,. dp la chuH^ des corps.; cal' toits fes hommes ne sont pa«.,pljyaioieits,!lai>di8.qiie touv.$oiit appelés à réJléqhiij.^ur ôuxi-rmêmeisi letjSiîr Ja «uitç 4e Iqurs .pen^e.^^ Qr^ peut doncpJvis' ai$fimeat . a^welUe pour..vine ipi.,du monde moral laifiction! «mit dpquelle doit.nécess8icem€iwt.r(}j)oser. notre fla^cpiption «pç^cholOgiqMe, .i^^^ir^^ qvi^ich^Wftide loeux» à qw oUot^'adi^sse a pits'^leyw.fla Jw-»mpvîîi.àî.cettei opuceptio/i générale , au lieu de.l9r.(jjce.yoip(pîiv,ïr»(di tiOiaot.de Tabcept^if lHi>u|e faite. Suppoj^oii^danç ?quq le-lecteur^f^ idéfeouyert^ par ses. prppiî^,s, réflexion^)! cette. loi fortdaflaertt§ile<,le W mé-

moine,. fliuiie^lifi. principe: de r;a3$<i)iciatioa dçs idéfiçj^ et étudiouS:3vec .lui, rorfgine et la. formfttip» tfun.trt^vngemont, dans.Sjo^ii.psprit : npus ^urws. du JtiêflïeîGomp^pSiljsé le.procé^é ioducUf.. h .; .ii i »,- .1 ! i- ; S'il, m'était, pios^ible d^itrapsfwneiMceittv^Fechemhe ipuette^t solitaire enun.-e^itrqtienfajfl^iUer aveç.lele<îl|^ur, . qtsi , au lipu d^, m'i^te^rogor rnqi-môme d^vafiît. lui, il m'était pe!:mj^(ile)ilui,pdres5eiî dir^tement .quelque». qwes- . tions, à Ja manière de SoGr^te,j!imagioe qu'il retrouverait aisément, leSt prei^ijers* degrés, par lesquels il a dû passer pour arriver à cette ^ffirqialipii générale' : i Tout, souvenir succè(le,;^ p^e idée avec laquelle iil .est en.rflpport. N'est-il pas évident d'abord qu'on n'aurait jamais porté. yn tiel jugement, si l'pn n'y avaitété amené par l'observatidn, et que cette observation , plus ou moins complète, plus

DE l/lNDUCTlUN. 217

OU' m*iins «avanie, a dû comprenfdrèr un certain nombre dk^> souvenirs? Ge* prèml^ poîrtl; si je ne me trompe, est) w'sé à 'établir. Mais contfstefîfeîs-vous davantage Tintervention do la'm'émoire et de Irt comparaison? Non, caf sanS'leKir "secours «vonis n'auriez pii t^onsei*vei% réunir et sêiôordonner le4 résuHftts de'Texpérience, de manière â les résumer en wne seule proposition. Peut-être f]etecteUréproiiverait-il<juehp!ieiembai'ras, -si jeTinter- •ix)geais sér la plart que Fon'jjoitifaire ici à l'abstraction. Mais Kjftfolw veuille bieimysongei»: le jugement par lequel bnii^xfiritne la* toi 'des souvenirs ; est général et non partikulterj^i* s'applique' à tout souveîirtir, tion à tel ou tel foitîfcle mémoiire. Gé'jugétrtèttt <^brtvi*ent,' suivant vous, àltoulî'un!gehre':''ii'feUt d«oiit'qae Vbas ayez dans Tespia (tetfleidéé ab^tra'ite'swr'laqueHe porte votre afTirmatiOni, 'et '«an»! laquelle- vo^is^n^auriéz pu induire. - '"Ofi aiccérdemit'd'ohc iarlè trop de dlffictrlté, ce me semblte», t|ife'»rilidifctrori stippose, riori-seulement Tobserva'tièn',' (a métnoire' et la coitij^araison , mais encore - l'iftbstl^ffctiott.'Tt'lssont e*i^eflfetles actes préliminaires par lesquels Tesprit se prépare à IridUire ; ajoutons, pour plusid^exaclStudëyirj'a'è l^jHus' souvent ces divers prodédiés»'sdftt'ô'côoriipàg^ilés' de- réflëiion et pratiqués volontairkrtéûtJ.'Maiè'rinductiori elk-rtiê^me, où est-elle ? Elle supposa',, iivo»s-uou8 dit; tou-s* ces éctes de Tintelligence: est>oe"à idii-ie qu'eiHo- en ilésiilte' nécessairement, qu'elle s^»'ïlésk!>lveltout'0ntiei^eiet ^'ielie ne contienne aucun vautre élément? G^efefr'C^ qu'ilfâut hnaintenant examiner. Dafn^ Fetemple qiïe' udù^dvônscité , on admet comme loisgériérade'de ta itaémoire lin^e relation ou association d'idéesque r<!>n a préalablement constatée pour un certain nombre de souvenirs. Quel que soit l'exemple que

21 U DB l'lndikitioi*.

l'ori veuHle choisir, on verra toujours que l'obserTaliouj la mémoire et 'la compai^isoii ,. n'ayant pu poilier que sur quelques 'faits; tout -leur efibri s'est borné à nous décbuvrir le faiotle ée production qui leuresl «oméran. Ptiisi est venue Tabstraction, quiy aq delà des faits ob^ serves, nduô à' fait concevoir le gcnrte squs lequel ils <^ rangent; Est-ce towt? Getasuffit-^il pour expliquer dom* ndeiit je nJ'avisiO' d'attribuer à toute une classe d'inditi* dufiiceqùe je saisi seukment être vroi.de qoelquesmns d'fentre eux? (Mi m'a donné celle hardiesse? Assuré» mejït, cei ri'estiiiî cette petite «onime d'expériences d'où je .suis parti, ni la conception abstraite; du: geiii''e<qni lesî comjirend l'Ciar plus- cette idée sera claire i et ;dis^ tincte,' plus<je serai' frappé ' «de' l'énorme distance. qui existe enti^eqe ipieje sais^par l'expérierice' et ce tfue j'affirme pai*! l'induction: Tarrdisique l'^xipérience.diéâit: ici et daiis!oe> moment, teilaitj s'^est passé *dè. telle jfnanière, l'inductio A «ambrasse lai durée, let nombre «4, l'e^ pace, et dit sans restriction : partofit let toujoiurs-^ il» en est' ainsi de tous les- faits du imêroe'genfrp. Partooit ettbu-

jours! L!bbséi^vation la'a jàmaii^ appbrtd- à J'espjrit'de pareilles idées;. elle est incapable d'en i^endre'ootaptei, et >peur expliquer leur préBeiilcè i dans- l'esj^ril humain', ii est évident qu^ilîfaat recourin-à une faculténsopérieure. . ■ . : ' •• i*-* ,.,■■'■. ••■:•.! -i t • . '.h. ^

11 y a eu'de toultemps deuijsorteB desavçi»ts«t'de philosophes , lies uns qui ont toat^oinné à refcpériepcè, les autres' qui y au*-desd«s 'de' l'observation j ont admis la raison y c'est-à-dire linëftolilté naturelle et indépendante, par laquelle ndusilapercevons dans leur évidence primitive les vérités éternelles et nécesaires. De là deux directions opposées daiiife la science; de là, en

i)E l'ini>im:tion. 218

pliilo^uphiu coiiHHe ailleurs ^ un lon^ uatagonisnie dont riHStoire n'est autre (lue celle ;lo Tiisprit» humain luir »u^me, avec sos alternatives, l (l'exaltation et (l'abaisseinenAi. avec ses ni)ble*s.ftapiiatinns H ses tristes défaillances. De là y, en pailiculiçry urne difféiîence essentielle <Jan& les jd&squ^î los philosupliesi se isoiit foites de Tind»ction»}N(i seraiA-ril .pas extraordinaiie, en effet, que daBis.delux byp<*)llièse6 si opposées, on seût expliqué de la mèitte.ffi^oii.url procédé quireU'e!|>our ainsi dire Tuii â rauU*6/lés>deui ra(î)ude8, celui: dcsnapparetices et celui de 'la réalité,, le mottde desi. faits. 'vifiibles et le ntonde i!n,*visible des. principes, c'c&t-àrtdire de: la vérité ?»Aussi leâ'pbilosopbeâine soiiit-ilsipas dlaroord isur laiinature .iiltiiueiide-ce prooétléj G^uX'.qui reuannaisseiitla raison o(i)|rnrne wne «faciilti» distiucte sont d'avis que c'est grâce àellelque rintelligeno^peutisléleivûr aimsi du. particulier ^u ; général l; Ceux Si au cbntrairei qaittmt tout durivfer de l'eîipiérierio© y \ ne veuleint.Voir ici > iqu'unè de ses. îioni^ breusesil)rÉ|n8ftjrifnalians4, t. ' ^ >. : :. : , .

Pour nou^', qui nous 'eff0tu;oi!iis . d' embrasser tout' ce qui'apiparftiènt.si Iq luatuie buiuainct^uotro clioix n'esit pas; douteulx; Nous .savoius que irbonltnp conçoit! natu*reliemebt.etsatïs effbrt l'infini., l'abfeolu, le nécessaiiie; et comme nous "savons aussi, que l(jifài]ii , même accumulé et multiplié , est encore S(3paré de l'infini par un abime >à jamaië infmnchisâable y nottô sommes assurés déposséder une puissanoei supçmure h toioltes celles de. ce monde j.uûe puissance ^de connaître qui atteint <jes régions sublimes où habite J'éterhello vérité .'faculté meii'veilleuse qui nousî soptient. et qui nous élève , qui donoeun sens à cette vie et une valeur à tous ces faits passagers , en les rattacbant à des règles , à des lois ,

. 220 dp^l[iin'pl\ct!on;

à des priacipes ifTirnu^bles,. Or, si cette CjtçuJité, gHel'pn appelle raison , iptellect , ou entendement pur, est yériT tableraenten n,pus , |et si. plie se fnêl,ea^ développement de. toutes pps coj^nsiissances , n'estrce pas ej.le qui apr pojTte au, mi^eu des donpée^ dei ire^p4riwç>3 c^^te qppception gui Jeç dépasse , cette notioadf! iquelque chose de permanent, et de pécessaire?J^3 ^^ncjepç engénéxal ne c'y §Qpt .piaç, tronfpés , ^ux qHÎ., ^yçja.lçifr, admirable instinct,^ ont çi'bi^eix.yu.^ouvejiji^jl'PP^^'^We dfiSiçJtiiÇses, ou ce que je me permettrai d'appeler la forJ(ne\ éfjxpie de la vérité. .L|e^ plu3,gppcjs d^Çintrp eux,, lesi Socrate, lesPl«ton , 'les Aristote ,, (i'on,t,p|as.l)ésité.,à.f?\^re!iptjçryenir dans la formatiop .des jvfgçnjepts ii^^^Ç^if^ ^^^^^ faculté du nécessaire qui et^ijt;^ leur^iyçux }a lumière et ,1a gloire î de l'esprit Ji^urpain. PJustar^^oaapuinieux compre^çjrele mécîmisjî^ç a^rtjficiel Qt .l^s.,ç;ondifio.ns expérimentales (jlé Vinductioin, scientjfmpe ; mais Yasi-i liquidé ^ mieux saisj la marejie.ij^tur^lle 4^ rin,teilHgeuoe dans ce procédé, et 1^ souj^çe pf emjère djQ la conviction qui s'y attache^'. Tai^disqupi^ossçivaots. modernes semblent consid.çr(^r l^es ,|pi^ , ,je$ pri^çipç§ et les causes comme j^ np s$ii9,,quellp partie . ^ub^jle des faits, qu'il, ^^'agits^ulepjentd'^çiiexlrjaire^ j[e3.giTanij?,pbilosop^hes. (le la Grèce pous ,fQn,t.èçi,tenç(r|e qu'il, jfaot remonter plus haut pour en découvrir J'prigj^ne;, parpe que l'observation, ne donne que des feits, , etqjie.les fai^s étant ^e qui ,fst, connu en un certain, ten^ps. çt en un certain liep , i) est à janjais jimpoasiblç d'y r^^ipener des conceptions qui semblent toucher àrinfini, et quitsupposent certainement la connaissance de quelque chose qui est partout et toujours. L'espace et la durée sans limites , la permanence et l'immutabilité des essences,

hÉ L^INDUdTlONl 221

voilà eil effet ce cjui entre dans 1bufe nos jujfcrrreiïts par ihUUctWn , Vît voilà ée' Ijûe reipôrîenre ,' livrée & sefe Èmi^èÉ Mkù^ , ' serait mcapalile dd fout^t^i'i^. Il ^y af ddrici ici- qUëlcpte' chose de plus (jUe l'J'ypIérîenîins bl qui* sètalt^c^è',' .4lrton falfactiltë drt ttéee^saire, défloraison? Elte'setilè'pëirl comMei' Tahlnie enti'e les phBhôtnùnés ^afe^gëi'd , fihife, varilables; et Iés'pr'îhcîj)i3i5 flxèé, univer^élk'\ immiiablcè; elle iseUle noiis ItJndra cOlniMe dfe eeô n6ti6M qui ^''ajoutent à V ètpêriélike ^Ik' qtil"H'éH dërivénf'pfas: '' i'. *• ' ' '"" '• "'" "i. "■'• ' ' '■'

S'îren es*t ainsi, Tinduclibn' nous appâtait c4)mnie un procédé 'rtîlxfe en (|uélri|uè' sorte , i*alWnnèï à Wfois et ê^^érimefilaî> , ainsi que Ta réteorinii ' Bacbn.'Mais' ce nVst pils -às^ez d'avoir (établi qiiélà i^isôn V ititervient ? d^èst'péhi,'^i IVm ïie dit àlissi feoilis't|iiélle forme et de qûellë^mahière. 'C'dst ici le pbînt''(ï(?libàt de noti'd analyste s c^ë^t iciqu4l'irt)poii:e''dt;''îWoiifclcr d^aitémiôn , aflft'W'é'uous prés'cirVer yfdS èrrfeiiri? qui dé^a'rerit ley llîéôfiés' deè ahciëri^ sui*' là' nat'ure'iîl Tôrîg'Jiife de 'la côhhâi^sahce îhdù'élivê; Gardohs-nduS sdrtioiit (le celte cbiffûsîtfW de Tabsti^altcl! dii riéfcèèsàirè' ijlii est lè défait dôhihiun defei Hy[Jtithèî|ds de Plattiti 'èl'd'Arifetote. Oe qiie Tan expliqJie paW.sîi 'cëlSbre* réminiSeerice, rà«tftrt^àb ûnd mystérieuse pârlicîpat!ion dû di>^iîï,'ëe ri'dstipaà' uniquement' Id eonn'afesàttcé'ddl*Êtïiestiphébe où dies'axiôtnWétèttielk, Ce èôilt tiùssi les idées purement abfeti-altfeë dd la' beauté' bh ïiol, de la sj-mëtri'e où dé rêé^Wté; dû' hombre, dei^éiendue, du triaiigle et des figures géom6<rîqties; en un mot, 'toute notion, tout jugement rafarqùé d'ùW'cai^actêrè de généralité. Toute induction, à ce dompte, 'serait une pensée fournie directement par celle lurilière divine de là raison. Or,

222 DE'L'ïrfOUCTION.

nous avons dëjoi relevé plus haut cette eiTéur. Ueffo^t plus ou> moins pénible qb 'exigé toute conception ab^ traite, Tincertitude qui accompagne toutèi'indu^itiôri', sont des çaractèEeiS.asIgeziBâiHanls, eiqpi réptigherit à la nature dô notrei plue; Haute faculté. de* èoa»qaitré'i'8 ce principe de ceiltitude, dont les eiiâ€!ignei!|kentsiisilii: mtneux, si sbudainp y nous Suggèrent: Tidée d^iine réyétadion. Gomment d'ailleinrs* un observateiuTiunpdiiiexaet seraitril tenÉté de rappot^ler» àla. même drigiilie.liès vé*^ rites éternelles. qui somt la, loi A& la-penséev e* Jéîï'prD^ duits plus om «nOîils arbititaîrbs 'de nos Hivèk^s [irooédés de généralisation!?" • • . t" '!:•':•/■• i.-- i-'!-' i': «'' .*- ■''''• '

Cependant, je le ï:épète^^ l'expérience bslj in suffisante pour rendre poralpte ^le nb& ijugertiente.ndlur'els^n'rfiatière , abstifailej: Oo ^ beaui parkr de < «d lais4 iféesidd Vexpérience i),, qe Ja^ngage. n'est! pas. conforme p lu ràajl jté: Tottt ce que/ fournit, l'iobserYation , <e&t GCfnctet i i^t passîagôb ç ç.llq rve donne c[m dés faits^y rien de, général ;niiisurlbtil * d,'ipimuablevii'i(}ée dje.loiin'yi(îJStidone» pa8.iooiBlQnuô ;»op n.e!l'i^n fpra janoiaia 3or.tii\ ejt si.elle s'yiIrenconUre, c'est qu'elle y a élé apportée, c'est qu'elle y esfc|verlue)dtHilleur^,.c'es^^ndire , encorie une.foiai, de»la raison. /Mais comment? Làest toujouriS.le problmei.. ;. . i!.! >

Si les J4geaîenls. induits jîré'sotilî pais des doanéésjimmédiates d^j Ja. raison*,! peut-rêtte $<)int-ils dérivésiplus ou moins, Jpgiquemie^t 4e quelqqej pritt<]iipe spécial;, qui présiderait à uotrç travail. intéiHeatuel et qui seraitià l'induction, à peu priés eeqa'ésl au raisonnement proprement dit le principe de contradiqtion. Telle est l'hypothèse la plus communément ado^ptée dans la philosophie contemporaine. Cette hypothèse est plus savante que celle des anciens ; elle suppose une connaissance plus spéciale des

DE l/iNDOCTiON. 923

opéralions de resprit; mais oUe n'ost f^nérc phis satisfaisante, si Ton y cherche «la dcsct*iptiop exacfe du procédé iaduetif; ' . •

D'abord ^ ril^paraiL afiâez diiTicilo de savoirquei es( cet aximne paar>4equr^1 (in jihHnnd quu la raison ft^conde Fex^ périence, pour la trarisFoirinoi* en>indu>ciraN. Les philo* sophes .diiTèrent {grandement sur ce points les tins propoKânMeiM'incipe'do e^ousalité , d'aûtrr^s Uyant rnrouis àii pritic-ipe de substance \ (»t rrantif'(tit^ à une eomhiilaison artificielle de cesraèii(ies p^'incip^Js; Hen est aiissi qui , eitiprutttan(;«î Reid sa formtde de la^stnbiiité dt's lois delà nature, IVrif^'ent en axiome, et pensent légifirner par là les JHpements formés par voie d'induction.

Nous disoulerons plut^land la vaileur log-ique deces divcfrses hypoUieses,' lorsque nous rechercherons le meilleur enipiloi'du procédé înduetif;Tmais quand môme on admettrait qu'elles peuvcïilv après rxMip, (Mre invoquées utilement îï Tapfnji des ivisultuts obtemis, il est évident que les priTioipes qu'on- allé{»iie Ici n'interviennent paj^ d'une manière directe' et'expresscî danH Ift^ marche naturelle de Tospl^il. / { i

Il y a- plus 1 en supposant que par ce moyen on pût rendre compte de quelques-unes de nos coniiâissances induclives,. cette justification serait encore incomplète. Camniçnt trouver tk»ace de ces principes dans la plupart des jugements pfénémux que nous devons iiirinduction vulgaireou scientifique-, rélléehid ou ii^réfléèhièJ Tous les corps sont j>esnuts,'t poreux, divisibles; tontianimal est dotié.{leseniaaiion étîde locomotion ; les volumes occupés par une môme niasse d'air sont-réciproqtiement proportionnels aux pressions qu'elle supporte, etc., etc. Qu'y «"t-il de commun entre ces propositions et le principe de

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