‹ Essais de morale & de critiqueChapitre 12 sur 23 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

est, ce me semble, que la Grèce, Tltalie et la France, aux trois époques précitées, possédèrent le degré d'habileté dans les arts mécaniques sans lequel il n'y a pas de société cultivée ; mais qu'elles n'offraient rien d'analogue à l'espèce d'idolâtrie matérialiste qui, de notre temps, a séduit les meilleurs esprits. La Grèce ne fut jamais ce qu'on peut appeler un Ëtat industriel; elle, qui ouvrit des concours pour l'art, la poésie, la force, l'adresse, et même pour la beauté, n'en ouvrit jamais pour l'industrie. Heeren et M. Bœckh ont très-bien montré que l'activité grecque aux belles époques était tournée tout entière vers la vie publique ^ Il faut en dire autant de l'Italie* du quinzième et du seizième siècle : l'esprit industriel, tel qu'il s'est montré depuis trente ou quarante ans, était alors in* connu. Colbert, en favorisant l'industrie, comme il le devait, la laissa au quatrième ou cinquième rang dans l'Ëtat.

Certes, les améliorations matérielles, surtout q uand elles tournent au profit des classes populaires, ne sauraient être indifférentes. Une cer-

' Voir Heeren» De la politique et du commerce des peuples de rantiquiié, trad. française, l. VU, p. 229 et suivantes. — Bœckh, DieStaatshaushaltung rfer /l///^er {2'édil., Berlin, 4851), t. f", p. 789 et suivantes.

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