‹ Essais de morale & de critiqueChapitre 9 sur 23 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

ébranler. Je croyais la Révolution synonyme de libéralisme, et, comme ce dernier mot représente assez bien pour moi la formule du plus haut développement de rhumanité, le fait qui, selon une trompeuse philosophie de Thisloire, en signale Tavénement m 'apparaissait en quelque sorte comme sacré. Je ne voyais pas encore le virus caché dans le système social créé par l'esprit français; je n'avais point aperçu comment, avec sa violence, son code fondé sur une conception toute matérialiste de la propriété, son dédain des droits personnels, sa façon de ne tenir compte que de l'individu, et de ne voir dans l'individu qu'un être viager et sans liens moraux, la Révolution renfermait un germe de ruine qui devait fort promptement amener le règne de la médiocrité et de la faiblesse, l'extinction de toute grande initiative, un bien-être apparent, mais dont les conditions se détruisent elles-mêmes. Certes, s'il était démontré que dans deux cents ans les hommes éclairés envisageront l'année 1 789 comme ayant fondé définitivement dans le monde la liberté politique, religieuse et civile, comme ayant inauguré une phase de développement plus élevé pour l'esprit humain, des idées religieuses plus épurées, une ère meilleure, plus noble, plus lumineuse, il n'est pas d'esprit amou-

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