NOUVELLE MODE DE PRENDRE DES BAINS
Londres, le 28 juillet 1768.
J'approave beaucoup Tépithète de^ tonique que vous doiinez, dans votre lettre du 8 juin, à la nouvelle méthode de traiter la petite vérole; et je saisis cette occasion, pour vous faire part de Pusage que j'ai moi-même adopté.
Vous savez que depuis longtemps les bains froids sont employés ici comme un tonique. Mais le saisisse* ment que produit en général Teau froide m'a toujours paru trop violent; etj*ai trouvé plus analogue à ma constitution et plus agréable de me baigner dans un autre élément, c'est-à-dire dans Tair froid. Je me lève donc, tous les jours, de très-bon matin, et je reste alors sans m'habiller une heure ou une demi-heure, suivant la saison, m'occupant à lire ou à écrire.
Cet usage n'est nullement pénible. Il est, au contraire, très-agréable ; et si, avant de m'habiller, je me remets dans mon lit, comme cela m'arrive quelquefois, c'est un supplément au repos de la nuit, et je jouis une heure ou deux d'un sommeil délectable. Je ne crois point que cela puisse avoir aucun dangereux effet. Ma santé, du moins, n'en est point altérée; et j'imagine, au contraire, que c'est ce qui m'aide à la conserver. C'est pourquoi j'appellerai désormais ce bain, un bain tonique.