Lettre du 26 janvier 1784, infra
grand partisan de la nouvelle institution, lui demanda ce qu'il en pensait : Rien du tout, fut la réponse narquoise du vieil imprimeur, devenu diplomate par circonstance, mais resté démocrate par conviction.
Partisan déclaré de la liberté des noirs, non moins ardent à défendre l'égalité civile, Franklin est un des premiers qui ait réclamé le suffrage universel, comme une des conséquences nécessaires de la liberté. On en jugera par les réflexions intitulées : Quelques bons principes Whigs. En ce point, il est beaucoup plus près des idées françaises que des idées anglaises qui, de son temps, régnaient encore en Amérique. Les Anglais en sont restée aux doctrines dB Locke ; le vote est pour eux la défense de la propriété, et non pas un droit naturel.
En véritable républicain Franklin demandait que les fidèles et les citoyens nommassent eux-mêmes leurs pasteurs et leurs juges. A ce sujet, il répétait la phrase célèbre où Jacques 1*' trahissait le secret de la royauté : « Tant que je ferai des Évêques et des juges, j'aurai V Évangile et la loi que je voudrai *. » Mais il se séparait de la tradition américaine et défendait une idée française, lorsqu'il demandait qu'on ne payât pas les grands fonctionnaires publics. Son opinion, empruntée de Mably, n'a pas fait fortune en Amérique; je ne vois pas qu'elle ait mieux réussi sur le continent. Je la crois fausse, du reste, et contraire aux principes que Franklin défendait. La gratuité des fonctions mène droit à l'établissement d'une aristocratie.
Avec de pareils sentiments, Franklin avait nature 11e-