On freedom of speech. Works of Franklin , t. II, p
ment peu de goût pour les rois. On en peut juger par l'anecdote suivante que Franklin conta un soir à John Adams. * Un écrivain espagnol, lui dit-il, qui a publié des visions de l'enfer*, raconte qu un jeune diable civil et obligeant lui montra toutes les pièces du séjour infernal, et, entre autres, l'appartement des rois morts. L'Espagnol fut charmé de ce grand spectacle, et, après avoir regardé quelque temps, il dit à son conducteur qu'il serait bien aise de voir les autres rois. — Les autres, dit le diablotin ? Tu vois ici tous les rois qui ont régné sur la terre, depuis la création du monde jusqu'aujourd'hui. A quoi diable penses-tu*? »
Parmi tous ces rois maudits, il en était un cependant que Franklin devait excepter par reconnaissance, c'est Louis XVI, le fidèle allié des Américains. Et, en effet, il aimait à lui rendre justice.
c Le docteur Franklin, nous dit son petit-fîls, était si passionné pour les échecs, qu'un soir à Passy il joua depuis six heures jusqu'au lendemain matin. Dans un des coups, son roi était en échec; Franklin, sans s'inquiéter de le défendre, et contrairement à toutes les règles du jeu, attaqua son adversaire de façon à lui faire perdre la partie. € Monsieur, lui dit ce dernier, vous ne pouvez faire cela, votre roi est en échec. — Je le vois, répondit le docteur, mais je ne veux pas le défendre. Si c'était un bon roi, comme le vôtre, il mériterait la protection de ses sujets; mais c'est un tyran, il leur a déjà coûté plus qu'il ne vaut. Prenez-le, si vous le voulez, je puis me passer de lui, je gagnerai la bataille en républicain ^ »