‹ Essais de morale et d'économie politique de Benjamin FranklinChapitre 70 sur 109 · DE LA MILICE · texte numérisé non relu

DE LA MILICE

Questions de Vahhè Morellet avec les réponses

de B. Franklin.

Je prie monsieur Franklin de vouloir bien répondre aux questions suivantes par un oui ou un non.

Groit-il que les États-Unis puissent dans la suite et après leur indépendance reconnue, se passer de troupes régulières toujours sur pied ?

R. Oui.

Feront-ils mieux de n'avoir que des troupes nationales?

B. Certainement.

Des milices coûteront-elles moins cher à l'Etat ou plutôt à la nation; car ne peut-on pas dire que, danis un état de choses où tous les citoyens doivent s'exercer à porter les armes, il y a en fin de compte, en perte de temps, en dépense pour l'armement, pour Thabillement, pour le rassemblement des troupes à certains temps de Tannée, etc., une dépense réelle plus grande que celle qu'il faudrait pour tenir sur pied un petit nombre de troupes régulières?

R. En supposant qu'une milice nationale soit aussi coûteuse qu'un corps de troupes régulières, la milice

serait encore préférable, parce que toute la nation étant habituée aux armes elle n'a rien à craindre d*un parti.

M. Franklin croit-il qu'on puisse entretenir en Amérique un corps de troupes sur pied dans chaque province confédérée sans mettre la liberté en danger?

H. Jusque dans ces derniers temps, l'Europe n'avait point de troupes régulières. Un prince puissant qui tient une armée sur pied oblige ses voisins à en faire autant pour éviter une surprise. En Amérique nous n'avons point de ces dangereux voisins. Nous aurons probablement des magasins toujours remplis d'armes et de munitions, et nulle puissance Européenne ne nous prendra au dépourvu, conmie a fait l'Angleterre au commencement de cette guerre; personne ne pourra nous envahir si promptement que nous n ayons assez de temps pour discipliner des forces suffisantes afin de repousser l'invasion.

M. Franklin pense donc que pour éviter non-seulement la dépense, mais le danger des armées permanentes en temps de paix, aucun des États particuliars ni le CoDgrès qui représente la nation, n'aura de troupes régulières.

. R. Non*.

1. Franklin avait vu justo ; la dernière guerre des États-Unis a prouvé que des milices pouvaient se battre avec autant de courage et de ténacité que des armées permanentes.

KT D'ÉCONOMIE POUTIQUE. 2C9

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