D'enviroD 33 pouces
TAmérique septentrionale, les denrées de première nécessité sont à meilleur marché qu*en Angleterre. On n'y éprouve jamais de disttte. Dans les années les plus stériles, la récolte suffit toujours à la consommation des habitants, et ils ne sont obligés que de diminuer Texportation de leurs denrées. Or, le prix du travail en argent y étant plus haut qu'en Angleterre, et les denrées moins chères, le sal.aire réel, c est-à-dire la quantité d'objets de première nécessité, que le journalier peut acheter, en est d'autant plus considérable.
Il me reste à expliquer comment le haut taux des salaires en Amérique les fera monter en Europe.
Deux causes différentes concourront à produire cet effet. La première est la plus grande quantité de travail que l'Europe aura à faire, par rapport à l'existence d'une grande nation ^ de plus dans le monde commerçant, et de son accroissement continuel ; et la seconde rémigration des journaliers européens, ou seulement la possibilité qu'ils auront d'émigrer pour se rendre en Amérique, où le travail est mieux payé.
Il est certain que plusieurs millions d'hommes déplus existants dans le monde commerçant nécessitent l'augmentation du travail en Europe, dans l'agriculture, les manufactures, le commerce, la navigation. Or, la somme du travail annuel devenant plus considérable, le travail sera payé un peu plus chèrement; et le (aux du salaire journalier de l'ouvrier augmentera par cette concurrence. — Par exemple, s'il y a cent mille pièces d'étoffe, vingt mille pièces de vin, dix mille barriques d'eau-devie a fournir de plus aux Américains, non-seulement