La Logographie est un procédé typographique qui, au lieu
devable de cet envoi. J'ai la le livre avec attention, et autant que je puis m'y connaître, j'en suis charmé. Je ne comprends pas très-bien l'arrangement des cases, mais l'idée de diminuer le nombre des lettres par les racines des mots ou leurs différentes terminaisons est fort ingénieuse. J'aime beaucoup l'idée de souder les lettres ensemble, au lieu de fondre tout d'une pièce des mots ou des syllabes. J'ai essayé autrefois de le faire, et j'avais inventé un moule et un procédé au moyen duquel je pouvais en quelques minutes faire une matrice, la justifier, et jeter en moule, quel que fftt le mot, ou quelle que fût la fonte.
Je vous envoie sous ce pli un spécimen de quelquesunes de mes terminaisons ; j'expliquerais volontiers ma méthode à M. Johnson, s'il le désirait ; mais il en a une meilleure. Il passe en revue plusieurs procédés qu'on a proposés, mais il ne dit rien d'un ouvrage qui a été publié à Paris, en 1776: ce qui me fait présumer qu'il ne le connaît point. C'est une brochure in-4®, intitulée Nouveau Système Typographique , ou Moyen de diminuer de Moitié, dans toutes les Imprimeries de l'Europe , le Travail et les Frais de Composition , de
de composer une pajsre, lettre à lettre, introduit dans la case d'imprimerie des syllabes et des mots d'une seule pièce. De cette façon on sMmagine simplifier la composition; tout au contraire, on Pp.llonge en mult pliant le nombre des signes sur lesquels doit s'arrêter la main de l'ouvrier. La correction est fort difficile, et la distribution n'est pas moins compliquée que la composition ; aussi tous les essais qu'on a tentés ont-ils en général ruiné les inventeurs. Ce M. Walter, à qui Franklin adresse cette lettre , fut , je crois, le fondateur du Times, qui fut imprimé à l'origine en caractères logograpbiques. Mais M. Walter fut obligé (le revenir au système ordinaire, après avoir mangé beaucoup d'argent dans ses essais de réforme.
ET D*ÉGONOMIE POLITIQUE. 233
Correction et de Distribution, découvert^ en lllk, par Mme de *** :. Frustra fit per plura quod potest fisri per pauciora. A Paris, de Tlmprim. Royale, M DGG LXXVI. L'ouvrage est dédié au Roi , qui a fourni aux frais des expérieuces. On a nommé deux commissaires pour les suivre et en rendre compte : M. Desmarets, de l'Académie des Sciences, et M. Barbou, imprimeur distingué. vLe rapport de ces messieurs conclut ainsi : t Nous nous contenterons de dire ici que M. de Saint- » Paul a rempli les CDgagements qu'il avait contractés » envers le Gouvernement ; que les expériences proje- » tées ont été conduites avec beaucoup de méthode et » d'intelligence de sa part , et que , par des calculs » longs et pénibles, qui sont le fruit d'un grand nom- » bre de combinaisons raison nées, il en a déduit plu- » sieurs résultats qui mériieot d'être proposés aux ar- » tistes et qui nous paraissent propres à éclairer la » pratique de l'imprimerie actuelle , et à en abréger » certainement les procédés. Son projet ne peut que » gagner aux contradictions qu'il essuiera sans doute » de la part des gens de Tart. A Paris , le 8 janvier » 1776. » La brochure se compose de soixante-six pages qui contiennent une quantité de tables de mots et de syllabes, des explications de ces tables, des calculs, des réponses aux objections, etc. Je tâcherai de m'en procurer un exemplaire pour vous l'envoyer , si vous le souhaitez ; car le mien est relié avec d'autres brochures en uojnême volume.
C'est après avoir lu cet ouvrage , que j'ai fondu les syllabes dont je vous envoie un modèle. Je n*ai pas entendu dire qu'aucun imprimeur de Paris ait jusqu'à présent fait le moindre usage de l'invention de Mme
de ***. Voas observerez qu'elle ne prétend diminuer le travail que de moitié, taodis que la méthode de Johnson le diminue des trois quarts. Je serais bien curieux de savoir avec quoi il soude ses lettres ensemble. Je pense qu'il vaut mieux les souier que les fondre ensemble, car si l'une des lettres s'écrase, on peut l'enlever, et en souder une autre à sa place. Je n'ai reçu aucune lettre avec la brochure.
Je suis, monsieur,